Fade to Black

« Fade to black » est un de mes premiers RP (Role Play). Il doit avoir cinq ou six ans maintenant. Vous y découvrirez mon tout premier personnage dans le jeu Fractal (www.fract.org). Un personnage prénommé Jerk. Bonne lecture, et excusez la maladresse de l’écriture

Sujet: Fade to black Lun 5 Jan – 15:27

[grande capitale européenne, début des années 2000. Grand bar, people, jet set, costards cravates et filles debout sur les podium dans des tenues plus que sexy…]

La nuit est fraiche. Mais à l’intérieur il fait plus que chaud. Comme tous les soirs, il fait le tour du propriétaire…Il se penche à l’oreille du videur..

-Hy guy…

Tom lui sourit. Il lui a filé du travail il y a quelques années. Venu de sa banlieue ouvrière, il ne savait rien faire ou presque. Quand on a une carrure comme la sienne, on est toujours bon à quelque chose.

-Tout va bien Boss…No problem…Just trois gars un peu drunked….but they….ils n’ont pas fait trop de problème…

-Pas mal, tu progresses Tomy…Tu parleras bientôt mieux le français que moi.

Il lui tape sur l’épaule, et poursuit son passage. Il se fraye doucement un passage dans la foule. Il est ici à la maison. Les lumières tournoient, les basses se font sentir dans tout son corps. C’est comme ça qu’il aime la musique. Fort. Il s’approche d’un des podiums et sourit à la danseuse, qui se trémousse derrière les barreaux de fer qui l’entourent. Petit oiseau dans sa cage. Elle lui rend son sourire. Elle est blonde, plus que charmante. Son bustier noir et les traits forcés de son maquillage lui donnent l’allure d’une pie voleuse qui essayerait de fuir sa prison dorée. Des jambes kilométriques qui tournent autour de la barre centrale de la cage podium, et trois fois rien pour masquer les parties d’un corps que les hommes s’arracheraient. La résille de ses bas dessinent une treille sur sa peau.Dans le brouhaha nocturne de la grande salle, nul n’entend les quelques propos échangés. Et pourtant, tous les devinent. Dix minutes plus tard, des coups sourds résonnent dans les chiottes de la boite. Ils s’accordent au tempo que le DJ imprime sur les clubbers.Elle, jambe relevée, appuyée contre le carrelage coloré du mur, bas craqués par la fougue de son amant. Ses ongles déchirent l’épaule de son partenaire, ses cris sont étouffés par la musique. Son maquillage coule désormais un peu, et ses cheveux sont en bataille. Elle a perdu beaucoup de son rouge à lèvre, dont les pigments décorent à présent la peau noire du black. Lui, pantalon de costard italien au bas des chevilles. Sa queue glisse entre les cuisses du mannequin. Ses hanches la percutent, et elle a l’air d’aimer ça. Ses mains glissent sur ses fesses et profitent de la peau de soie de ma demoiselle.Les murmures qui dans cet enfer ressemblent à des hurlements, il ne les comprends pas. Cette langue, qui se mélange à la sienne, n’est pas de chez lui. Elle viens de l’est , comme toutes les poupées de cire de ce bar. A l’entrée des gogues, Ilan, le frère de Tomy, monte la garde devant des clients médusés. Pas de chiottes en boite de nuit, ça veut dire impossibilité de se poudrer les fosses nasales discrètement. Et si il ne veut pas que sa boite se transforme en champ de ruine, il sait qu’il devra accélérer le mouvement. Alors il lui rentre dedans avec acharnement. Elle en redemande. Il multiplie ses ondulations. Jusqu’au plaisir ou presque. Il retire la capote et la balance dans la vasque.Puis lui sourit, et l’embrasse à nouveau. En sortant il fait un signe à Ilan. le « physionomist » comme ils se plaisent à se faire appeler laissera à la demoiselle le temps de se ressapper.

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Sujet: Re: Fade to black Mar 6 Jan – 16:42

[Grand appartement, grande avenue. Un salon, éclairage fort et murs blancs, mobilier design de créateurs, une table en verre transparent. Un an plus tard]

Le rail est tiré. Quelques centimètres. Ça fait toujours son effet de le faire avec une carte de crédit dont l’abonnement fait le salaire d’un ouvrier moyen. Elle est blanche, pure, scintille légèrement .Comme des reflets de nacre. Aspirée, elle remonte le long d’une paille d’acier poli. Chaque particule remonte le tunnel, et viens tapisser la muqueuse nasale du patron de boite. Posée sur le tapis humide, elle se dissout, et se mêle à la circulation sanguine. Poussière assassine, sa dissolution est parfaite. Et c’est maintenant de l’ester méthylique de benzoylecgonine. Il migre jusqu’au récepteurs dopaminergiques. Le cerveau entre en ébullition. Plus de 400 fois sa dose habituelle. Un flash, une lumière éblouissante. Il attrape la bouteille de Whisky, 24 ans d’âge, s’en descends une lampée au goulot. Son corps se crispe, comme sujet à un orgasme multiplié par 10. A la puissance 10 plutôt. De la main il invite la blonde à partager une ligne avec lui. La même blonde, les mêmes jambes faramineusement longues. Elle a su faire sa place. Elle se rapproche et glisse sa main sur l’entrejambe du black et lui sourit. A son oreille, elle glisse quelques mots. Le regard du noir se fige. Les effets de l’alcool et de la drogue lui ôtent toute retenue. Il saisit sa crinière et la fait voler au travers de la pièce. Puis il se lève, s’approche d’elle. Sa main, poing fermé s’abat avec force sur le visage de sa compagne. La lèvre éclate, la paumette se tuméfie. Il la regarde, il est emplit de haine. Elle pleure, elle ne s’attendait pas à ça. Un an qu’ils se connaissaient et qu’elle partageait ses soirées entre alcools et neige blanche. Lui fait demi tour. Chancelant, il sort de la pièce. Les mots résonnent encore à son oreille…

I can’t…I’m pregnant.

Piégé.

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Sujet: Re: Fade to black Mer 7 Jan – 12:45

[Même appartement, quelques mois plus tard. La table se salon est couverte de bouteille et de canettes passées de vie à trépas.]

Un verre. Encore un verre. Depuis l’annonce de la grossesse, il picolait . Tous les jours ou presque. Bien sur, il assurait le travail. Mais il se mettait minables avec ses employés en fin de soirée. Et ses employées. Il était passé entre les cuisses de plus d’une pendant que l’autre gerbait tripes et boyaux à l’étage. Il en était convaincu, elle l’avait piégé. Le lardon qui en sortirai serait le sien, bien sur. Il aurait le même nez écrasé. Et sa peau serait un mélange de noir et de blanc. Mais cette salope l’avait fait dans son dos. Aucun scrupule à avoir. Alors les danseuses, les serveuses, parfois les deux en même temps…voir plus. Elles y étaient presque toutes passées. Et celles qui avaient refusé, il les avait virées. Le code du travail ici, tu t’assied dessus sans trop te soucier. De toute manière, la moitié avaient de la blanche sur les narines, et comme il n’était pas radin… Alors souvent, il rentrait plein comme une outre. Et lui mettait sur la gueule. Comme ce soir, ou elle était allongée aux pieds du lit, à moitié assommée. Elle lui avait manqué de respect….la notion de respect étant plus que volatile chez les hommes saouls.

You understand nothing..You’re just a jerk…nothing else than a jerk.

Ça ne lui avait pas plu. Il lui avait jeté son verre d’alcool au visage et l’avait rouée de coup. Elle ne portait jamais plainte de toute manière, elle savait qu’à chaque fois elle avait poussé le bouchon trop loin. La scène se répétait, soir après soir, nuits après nuits. Les moments de tendresse, ça fait quelques mois qu’elle ne les connaissait plus. Tout au plus des moments charnels auxquels elle consentait, plus ou moins contre son gré, mais sans jamais avoir l’air de s’y refuser. Elle ne l’aimait pas lui. Elle aimait être à Ibiza lundi, et à Copenhague mardi, à boire du champagne dans le jet privé, malgré la grossesse. Elle y tenait tellement à son champagne qu’elle n’en avait pas fait le sacrifice. Elle aimait ses manteaux de fourrure, et les quelques bagues qu’il lui offrait dans ses moments de sobriété. Elle n’aimait que sa personne et son argent. Il lui rendait plutôt bien. Subir ses coups, ou retourner à Prague, et à la prostitution. le choix était rapidement fait.

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Sujet: Re: Fade to black Mer 7 Jan – 15:44

[Maternité aussi privée qu’aseptisée, professeurs renommés, corps médical bienveillant. Ça sent l’argent à des kilomètres.]

Il est né. L’accouchement s’est bien passé, autant pour la mère que pour l’enfant. Le père n’a pas bu depuis trois jours. Peut être le temps du changement. Le couple lui même semble proche l’un de l’autre. La transformation est récente. Il y a trois jours, une série de contractions les amena à la maternité St Andrew. Du statut de père potentiel, il passa à celui de père tout court. Et même si l’accouchement n’eut pas lieu cette nuit là, il avait paru prendre conscience de sa paternité future. Pour son plus grand plaisir, elle ne le reconnaissait presque plus. Ou au contraire. Elle reconnaissait de nouveau celui qui l’avait aimée. Son visage à elle ne portait ni ecchymoses, ni traces de coups d’aucune sorte. Et ils se souriaient, comme se sourient niaisement deux amoureux juste après un accouchement. Il lui avait tenu la main pendant tout le travail. Il avait poussé avec elle, ils avaient souffert ensemble. Et elle lui avait offert un enfant. Elle voulait qu’il s’appelle Ethan. Il avait accepté. Ethan Bruno Louis. Petit black aux cheveux frisés. Son nez écrasé ne faisait aucun doute sur la paternité. Et sa moue rieuse semblait dire:  » je suis là maintenant, ça va aller ». Sa main dans la sienne faisait penser aux photos d’Anne Geddes. David et Goliath. Une infirmière aura même pu voir une larme couler sur la joue du blackos. Lui qui avait plutôt jusque là tendance à faire couler celles de sa femme. Famille. Pour la première fois, ce mot prenait sens. Ils étaient trois et formaient une famille. Rires ou pleurs, ils seraient toujours là les uns pour les autres. Il ne toucherait plus à la came et à l’alcool. Il se donnerait tout entier, corps et âme au bonheur de cette petite pépite de chocolat au lait.Promis.

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Sujet: Re: Fade to black Mer 7 Jan – 18:14

[Nouvel appartement. Plus grand, même si ça n’était pas une nécessité. Un an plus tard environ. Hiver glacé. Le salon]

Promesse d’alcoolique. Il n’a pas réussi à décrocher. Il a arrêté de boire quinze jours réellement. Et puis il a recommencé, un verre, alcool léger. Puis deux. Et puis les alcools forts, le whisky de nouveau en particulier. Le milieu de la nuit n’est pas l’endroit idéal pour un sevrage. L’alcool coule à flot le long des tables du bar. Les tables du fond croisent plus la poudre que les verres. Et la pétasse en goguette est toujours à l’affut du mec qu’on appelle « Boss ». Il a craqué pour la première fois à cette même table. Celle à laquelle il avait offert le premier verre de sa compagne. Des habitués. Ils l’ont tanné plusieurs heures avant qu’il ne cède.Tu te vois toi leur dire

J’bois pas j’essaye d’arrêter!

Lui en tout cas il n’a pas réussi. Ils voulaient fêter avec lui la naissance. Il n’en a bu qu’un, privilège du patron. Tu peux t’éclipser, tu as une boite à faire tourner. Mais il savait que le premier pas dans la forêt amènerai le suivant. Et on fini par la traverser. Il avait rechuté, c’était net. Glissé doucement d’abord. Et puis un matin on rentre plus tard. La gueule à l’envers. Et ta femme t’attends, elle traine même un peu pour ne pas lever le petit.

Fucking jerk…

Il n’a pas la force de répliquer cette fois. Il préfère plonger sa tête entre ses mains. Il a échoué. Son premier réel échec. Être une sous-merde, un looser. Vraiment pas l’habitude. Il avait raté une marche, et avait l’impression que ces quelques mots qu’elle lui avait jeté en pâture lui avait fait descendre tout l’escalier. Il était en bas. En vrac. D’en bas on remonte. Parfois. Et parfois, c’est l’engrenage. Pour lui ce fut le cas. Verres après verres, disputes après disputes il s’était remis à la tabasser. Jamais devant le gamin. Mais il est des secrets que l’on ne peut garder longtemps. Les coups ne pleuvaient jamais quand il était à jeun. Mais il était rarement dans un état de lucidité correct, sauf au travail. Cycle infernal. Elle continuait à être rouée de coups. Mais pas de mariage, pas de divorce, et pas de divorce, pas d’argent. Alors elle restait. A peine plus pour son gosse que pour elle. Elle avait toujours tout ce qu’elle désire, si ce n’est la tenue des promesses de son compagnon. Il aura essayé quatre fois en tout. Avec une réussite plus ou moins passagère. Et elle l’avait trompé autant. Il le savait. Jamais pourtant il ne lui avait reproché. Il ne valait pas mieux. Tous comptes faits il était même pire. L’argent ne fait pas le bonheur. La piscine, le sauna, les voyages, les bijoux non plus.Le bonheur se cherche ailleurs. Ils ne le trouveront jamais.

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Sujet: Re: Fade to black Mer 7 Jan – 18:58

[Une année et demie est passée. Au bord de la piscine de la maison. Le soleil tape fort. Lui aussi]

Elle est dans la chambre. Elle se tiens les côtes et pleure. Une fois de plus. Sans doute pas la fois de trop. Le sang coule au coin de ses lèvres gonflées.Son œil est difficile à ouvrir. Elle n’avait pas déconné. Juste laissé le petit jouer à la console un peu plus longtemps que de raison. Mais lui, a à peine 15h, était saoul comme une barrique. Saoul de la veille bien sur. Il était encore rentré tard, elle dormait dans le lit qu’on aurait pu appeler conjugal si on avait pu parler d’un couple. Il s’était couché à ses cotés ,et mis à ronfler. Au lever, la tête à l’envers, il avait pris un sky pour tuer le mal. Puis un autre avant le petit déjeuner.14h30 Le gamin a mangé, il joue à la console depuis 1h30. Trop long à son gout. Ils s’engueulent, le petit file jouer au rez de chaussée. Il entend tout, évidemment. Mais ne comprend pas. Il comprendra quelques années plus tard. Il la rosse, comme toujours. Elle réplique à peine. Il l’arrose de coups de pied dans le flanc, et descends péniblement les escaliers. Jusqu’à la piscine. Le transat de teck s’affaisse un peu sous son poids. Il se sert un verre. Là, au soleil de cette belle après midi d’été va se terminer sa vie. Le sommeil l’emporte sans lutte. Il dors à poings fermés, assommé par l’alcool qu’il a ingurgité.< >Et ce gamin qui joue. Innocent de tous les péchés de son père. Sur sa bicyclette, il tourne autour du patriarche, qui cuve dans les bras de Morphée. A l’étage, elle dort aussi. Épuisée par l’avalanche de coups qui l’a frappée. Les roues stabilisatrices de la petite bicyclette tournent à toute vitesse. Elles suivent la rigole qui fait le tour de la piscine. Comme un rail. Ce vélo file à toute vitesse. Cadeau de papa. Instant de déconcentration. La petite roue file vers la gauche.Tout le vélo bascule, l’enfant avec. Il ne sait pas nager. Il se débat, crie peut être un peu. De toute manière, la propriété est grande et isolée, et les parents dorment à poings fermés. L’eau s’engouffre dans ses poumons. Plus de cris. Le corps descends doucement dans l’onde bleue. Le chlore rajoute à la brulure. Plus profond encore. Jusqu’au carrelage du fond de la piscine. 2m20 à cet endroit là. Après quelques heures de sommeil, il se réveillera. Et verra flotter au centre, bras en croix, une petite silhouette sans vie, face vers les abîmes. Dans un petit gilet orange, de couturier lui aussi. Le tissu flotte à la surface. Il s’étale autour du corps sans vie. C’est drôle, ça lui donne des allures d’étoile de mer. sauf que lui ne peux vivre sous l’eau. Il hurlera et plongera dans l’eau tiède. Il ramènera le corps sur la terre ferme. Elle, l’entendant hurler, descendra aussi vite que la douleur lui permettait les escaliers en colimaçon. Et sous leurs cris communs, les voisins appelleront les secours. Il massera le petit être, il lui fera du bouche à bouche. Le visage est bleu azur, raide et froid. Autour de lui ils sont plus nombreux encore à s’affairer. Les paramédics et la police tentent d’emmener les parents plus loin. Les cris des sirènes résonnent encore dans leur tête. Leurs regards a tous trois ne se croiseront plus dans un sourire. Ceux des parents nulle part ailleurs que dans le prétoire d’un tribunal Il quittera son travail, sa compagne avec peu d’argent. Elle s’appelait Natalia. Il lui laissera tout ce qu’il avait. Pour un départ vers l’Afrique. Le reste, ce fut l’apocalypse, le tonnerre, la mort sans doute de ses derniers amis. Sa survie dans cette grotte taillée dans les falaises du Mali. Et son retour à la lumière. Depuis il n’a jamais frappée de femme, et toujours limité ses consommations d’alcool, si ce n’est quelques accrocs. Mais c’est normal. En ce 11 Juillet, 16 heure, le jour de la noyade, Bruno est mort. Il a laissé la place à Jerk.

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