Mois : janvier 2015

Terrible terril

C’etait un vent glacial qui balayait le terril fièrement dressé aux portes de Noeux-Les-Mines. Les premières rampes lumineuses s’allumèrent fébrilement, dans un cliquetis électrique assez désagréable. Heureusement, la chauffe du matériel d’éclairage ne durait que quelques minutes, et c’était le silence avant l’arrivée des premiers skieurs qui allait dominer pendant une bonne heure encore. Le soleil se lèverait, et la foule habituelle des amateurs de glisse envahirait les lieux pour une journée de plaisir. En tout cas, c’est comme ça que tout se passait chaque matin.

loisinord

Edmé, technicien responsable de la mise en route, le premier à fouler la piste, entama sa tournée de vérification des installations. Tout était normal, le reste du personnel commençait à arriver, la brumisation se mettait doucement en route. Début d’une journée parfaite à Loisinord. A un détail près. Au bas de la piste, une des bâches rouges était déplacée. Sans doute l’un de ses collègues du soir aurait-il oublié de la remettre en place. Edmé s’approcha, aussi nonchalant qu’à son habitude. Il ne ferait que quelques pas de plus. (suite…)

Miss Bescherelle 2015 est…

(roulement de tambour virtuel) Elodie !

Une micronews pour vous dire que tous les textes récents sont passés sous les fourches caudines de ma correctrice personnelle (« et tes tirets, tu les mets à la St-Glinglin ? », »tu as écrit ça bourré, non ? ») et ce ne fut pas une mince affaire.
J’ai du coup une pensée pour Cavey, un pote qui se coltinait 143 correcteurs pour ses news, dont 140 avec aucune diplomatie.
Je comprends mec, je comprends.

Bref, merci la mascotte, tu roxes, comme toujours.
Bières et Curly comme salaire pour la mascotte, et bière pour qui veut en boire une avec moi !

Lisez en paix mes frères et sœurs, la Mère Supérieure veille sur vos âmes pécheresses.

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Ch 8 Granny-Smith Ici, ailleurs, et ailleurs.

Quelque part, entre New-York et Singapour. Dans le lecteur Mp3, relié à une seule oreille de la belle-fille, Claude Dubois s’époumone. Il aurait voulu être un artiste. Il chante, je ne vois pas de quoi il se plaint.

– Pas mécontente de plus la voir, ta mère. Non mais tu as vu comment elle nous a traités ? Renvoyés à nos pénates sur le pas de la porte, comme des marchands de tapis. Cette fois-ci tu ne vas pas me trouver une excuse pour qu’elle reste chez elle ? C’est le placement, l’institution, la maison de retraite et puis c’est tout !

– Ma chérie, tu sais qu’elle n’a plus toute sa tête ? On ne peut pas…

– Oh que si on peut Mamour. Et non seulement on peut, mais on va. Avec les vioques la vieille ! Et en plus je peux te dire qu’on va la placer à l’économie ! Ce sera le mouroir de quartier, pas le trois étoiles grand luxe ! J’en peux plus j’en peux plus j’en peux plus ! (suite…)

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Le cadeau (1/?)

Il est des matins difficiles qui se révèlent devenir de vrais moments de plaisir. Des supposées, pressenties « journées de m@}*/+ » qui s’annoncent et qui pourtant vous laissent d’impérissables souvenirs. La veille, forcément, tu abuses un peu, quelques amis qui passent, des rires, de la bonne bouffe, de la bière de qualité, du champagne peut-être, trois heures du matin, voir quatre. Quand tu termines comme ça, tu le sais, au petit matin tu auras mal au crâne, les cheveux qui poussent à l’envers, et, posé sur la langue, un sac de vingt-cinq kilos de plâtre fin. Alors quand ce petit matin commence à cinq heure quarante-cinq, après peu -trop peu- de sommeil, par le passage d’un camion benne qui se prend pour une Testarossa à ta fenêtre (faire vrombir le moteur du camion, c’est le petit plaisir solitaire du conducteur de ton quartier), tu pestes. Tu vas pisser, tu souffles dans ta main pour savoir si, maintenant que tu as dessaoulé, tu peux survivre avec une haleine aussi chargée qu’un mulet dans le désert. Tu te rends à l’évidence que tes dents pourraient tomber avant ton prochain réveil, tu vas te les brosser et faire un bain de bouche, puis tu remontes te coucher, en espérant que personne ne vienne t’emmerder avant quatorze heures du matin… ce qui arrive à sept heures pétantes. Là, vu comment tu as finis hier, tu te demandes à quelle heure commencent les perquisitions, et tu redescends, en caleçon, faisant fi de toute dignité ou de ton dernier soupçon d’amour propre.

Tu ouvres la porte comme un ours qui défend sa caverne, en poussant un « Ouaiiiiis ?  » prêt à enfoncer la tronche du premier couple de témoins de Jéhovah venu, ou à te retrouver -l’option numéro un- le museau contre le mur avec le poignet inconfortablement collé entre tes omoplates par un gentil fonctionnaire en uniforme.
Dans ton brouillard mental, tu es même à deux doigts de refermer le battant sur… une magnifique brunette aux cheveux courts et au sourire enjôleur, qui énonce ton nom de famille avec la voix d’une hôtesse de l’air (PNC aux portes, les gilets, les toboggans, tout ça tout ça). Lire plus, seulement si tu as l’âge de ne pas être sage

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S’abonner à la newsletter : comment ça marche ?

Me voilà de retour, après, il faut l’avouer, avoir pris un grand coup sur la tête cette semaine et perdu, pour quelques jours, toute envie et toute capacité d’écrire. Mais bon, il faut bien que la déconne reprenne, même si je pense toujours à toutes ces victimes de l’obscurantisme, à leurs familles, aux survivants et à tous ceux qui les ont aidé. Une pensée particulière pour l’un deux que j’ai souvent croisé, Patrick Pelloux, un homme de combats. Pour lui, le plus dur commence aujourd’hui, sans ses amis. (Suffit de dire ça pour que sa tête apparaisse à la télé, bandeau sur la tête et larmes plein les yeux.)

Donc, je disais…

La newsletter, c’est quoi ?

Juste un petit mot de moi, que j’essaierai de rendre mensuel. Un point sur la situation, les concours, un résumé des publications qui pourraient vous intéresser. Les miennes comme celles d’amis.
En bonus, autant que faire se peut, j’y ajouterai un bonus que je vous réserve. Ce mois-ci par exemple, les abonnés ont pu voir la tête du petit Axel, le héros du livre pour enfants qui est en cours d’illustration. Mais ça pourrait être une nouvelle en avant-première pour avoir vos retours et avis, par exemple. Bref, je trouverai toujours un petit cadeau à y fourrer (n’y voyez rien de sexuel).

La newsletter, comment on la reçoit ?

Dans la colonne défilante de droite, sur le blog, vers le bas, sous la couverture des bouquins déjà publiés, vous avec un petit encart dans lequel mettre vos coordonnées (Nom, prénom, mail). Et puis c’est tout. Si vous ne la recevez pas, regardez également dans vos spams, on ne sait jamais. Sinon, faites moi signe, je trouverais bien une solution.
Je m’engage à ne rien revendre de tout ça aux grandes multinationales de l’alimentaire. Vous ne recevrez pas de mail vantant les mérites des OGM de Monsanto, rien d’Unilever ou de Nestlé. Je garde vos données rien que pour moi.

Venez nombreux. Je vous bisoute.

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Charlie Hebdo

On n’est pas armés. On n’est jamais armés contre la barbarie.
J’ai grandi derrière les dessins de Cabu, Wolinski. J’ai lu et relu les Hara-kiri et les Charlie Hebdo. Et j’ai ri.
Ri de les voir aller là ou je n’aurais jamais le courage de poser le stylo. Ri de leurs conneries, de leur liberté, de leur culot et de leur capacité à aller trop loin avec la force des gens que rien n’effraie.

Aujourd‘hui, des sombres crétins fanatisés, des gens qui pensent que la religion prime sur la loi, ici, en France, en République, et qui se croient capables de juger et de punir, ont tué un petit bout de ma jeunesse et un grand modèle d’irrévérence.

Aujourd’hui, en se disant d’une religion sur laquelle ils crachent par leurs actes, ils nous ont tous touché un peu. Beaucoup. J’en ai un nœud à la gorge et les larmes ne sont pas loin.

Touchés, mais pas tués. Derrière les policiers abattus et l’équipe de Charlie, il y a nous.

Nous sommes Charlie, et nous sommes invincibles. La liberté ne s’assassine pas à coups de Kalachnikov. La liberté se dessine, s’écrit, aussi vrai que les fanatismes se gomment.

Au revoir, mes amis. Je ne vous oublierai jamais.

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