Mois : novembre 2014

Ah, on est référencés à la FNAC !

http://livre.fnac.com/a7832353/Collectif-Tintamarre-des-sens#st=TINTAMARRE%20DES%20SENS&ct=Tous%C2%A0produits&t=p

 

 

 

Châpitre 3: Le pépin de la Granny-Smith

– U chais ou chais mis ma ch’mise à carreaux? Chééééérie ?

– C’est pas moi qui la mets, ta chemise!

– …

– De toute manière, on va voir la vieille bique, tu vas pas t’endimancher ?

– Che t’ai déchà dit de pas parler comme cha de ma mère !

– Ta mère, c’est une vieille pomme acide, piquante comme une Granny-Smith. C’est toi qui l’appelles comme ça d’habitude.

– Oui mais bon, ….

– Sur les cintres, accrochés au séchoir, tu as regardé ?

– Merchi !

Un dentiste, ça se brosse les dents au moins trois minutes. Avec un dentifrice adapté à ses petites gencives fragiles, à son émail brillant et à son sourire de commercial. De bas en haut, avec une brosse souple. Le sourire du dentiste, c’est la voiture du VRP : un signe extérieur de vos compétences professionnelles. Si ton praticien refoule du goulot, tu ne fais pas deux séances. C’est assez désagréable comme ça.

 

– On n’y reste pas des heures Julien. Juste le temps qu’elle se souvienne de ne pas nous rayer de son héritage! (suite…)

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Je serai au Salon du Livre Régional d’Etroeungt !

J’y serai! Viendrez vous me voir pour ma première séance de dédicaces ? 

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Opération Portes Ouvertes

Voilà, on y est !
C’est le grand jour. J’ai les miquettes.

J’ai atteint mon centième follower sur Facebook, et dans le magnifique plan de carrière qui m’amènera (ou sans doute pas) à la notoriété d’un D’Ormesson en moins gâteux, d’un Nothomb en moins chapeauté, d’un Werber au Baygon vert, je suis arrivé au moment où tout auteur débutant se doit d’arriver: celui de créer et de publier son blog.

Un grand merci aux quelques personnes qui m’ont donné de précieux conseils, me transformant d’un béotien dans le domaine en un utilisateur tâtonnant de WordPress ( Julie Huleux en particulier, auteure et bloggeuse experte si il me faut n’en citer qu’une. Suivez la, c’est du tout bon!).
Appropriez-vous ces lieux, donnez votre avis, partagez les textes que vous appréciez, et poussez moi si vous aimez à écrire plus !

Enokson

Vous trouverez ici:
– Quelques billets d’humeurs, quelques rendez-vous que nous nous donnerons.
– Les liens vers ce qui est déjà publié, vers la maison d’édition, vers ma page Facebook …
– Quelques uns de mes textes (pour ceux balisés [-18] ne cliquez que si vous avez l’âge! Sinon je gronde) récents ou plus anciens. L’un d’entre eux vous amènera à connaître Jerk, mon tout premier personnage sur le jeu Fractal … et donc aujourd’hui mon pseudonyme.
– Sans doute les textes, ou plus largement les œuvres de quelques invités.
– Les aventures de Granny-Smith, qui sont appelées à se poursuivre et à me faire rire. J’espère que ça sera votre cas aussi.

Bien sur, quand on écrit et qu’on souhaite se faire lire, on ne peut progresser que grâce à vos avis, et se faire connaître que grâce à votre activité de partage. Alors, d’avance, merci.

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Châpitre Two: comme un poison d’eau douce

-Bordioul de Dieu ! Qu’esse c’est que c’te baille. C’est l’canal de Suez qui r’foule ! Les vieilles et les enfants d’abord ! L’batieau y coule ! Tertous aux canots d’sauvetage.

Elle a le verbe fleuri, le parler des anciens, et « c’est pas tiz’aut qui va m’faire quinger maintenant ! ». Elle a aussi un petit centimètre d’eau qui imbibe ses souliers et qui remonte par capillarité le long de ses bas de contention. Au bout du couloir, une feuille de papier, navire de fortune, descend la rivière de ses inquiétudes pour venir buter sur ses tatanes. L’eau s’écoule, doucement mais sûrement, depuis les pièces fermées, jusqu’aux trois petites marches qui pourraient l’amener au jardin si elle avait envie d’aller s’y ennuyer.

-C’est pas l’Julien qui va v’nir sauver Mamie, y sait pas par quel bout ça s’tient, eun clé à mojettes ! Rejeton d’andouillette ! M’bouée canard, et j’ai plus qu’à trouver l’bonne clé ! Trou d’fin d’vendeur d’baraques ! Si j’le choppe par l’pieau du dos c’ti là, j’y retourne sin calcif par dessus s’tiête !

Ses pas courts et mal assurés l’amènent au tiroir du buffet, le fameux tiroir à bordel que tout le monde quelque soit son âge possède. Elle jette les piles à l’eau, la loupe par dessus son épaule, et en sort un anneau rassemblant une petite dizaine de clés, toutes identiques pour ses petits yeux fatigués.

-Bin me v’là fin bien ! Corn’eud cocu !

A contre-courant, comme le saumon dans le Potomac (sauf qu’elle est plus poison que poisson), elle remonte vers la porte sous laquelle s’écoulent pour ce soir ses espoirs de mourir tranquille. Une lumière s’en échappe, par flashs irréguliers, avec, c’est sûr, pour unique but de lui faire croire qu’elle va mourir grillée au 220V. Si elle l’avait vue, on l’aurait entendu jurer, évidemment, que si la gégène n’avait pas eu sa peau, EDF ne l’aura pas non plus. Elle trifouille, elle tripatouille le trousseau à la recherche de La clé. On dirait Passe-Partout en robe de chambre devant les cellules de Fort-Boyard. Premier essai : la clé ne rentre même pas. Deuxième, il y a du mieux, mais le barillet ne tourne toujours pas. Troisième, retour à la case départ. Vite, la clepsydre. Quatrième, cinquième, elle ne vivra jamais le grand amour avec La Boule et ne verra pas Félindra et la tête de tigre. La sixième clé glisse dans la fente, poussée par ses doigts tremblants, elle tourne doucement et libère la gâche. Mamie enfonce avec difficulté la porte qui grince autant que ses articulations et libère quelques mètres cubes d’eau supplémentaire, qui s’en ira arroser les fleurs du jardin. C’est définitif, elle marche dans des éponges à carreaux marrons.

My Granny is waterproof

-J’savos que j’t’aurais eu ! On n’arrête pas Simone avec une porte in bois ! Tadaaaaaa !

La pièce est éclairée par intermittence et par une lampe qui clignote au plafond, qui lui donne un aspect des plus lugubre. C’est une sorte de caverne d’Ali-Baba, un capharnaüm meublé de vieilleries posées ici ou là, de feuilles libres, de livres, de tableaux gribouillés par des équations mathématiques incompréhensibles, surtout quand, comme Simone, on n’a pas eu son brevet d’études. Sur le bureau, on retrouve des fioles vides et/ou cassées, des Büchner, un réchaud de camping et un alambic. Par terre, collé au bureau, un casier à bouteilles. Et au fond de la pièce, deux vannes d’arrêt sur le même tuyau, qui dégueule l’eau.

-D’diou, c’est l’cabanon d’Frankenstein ? Y f’zot quoi l’vieux d’avant mizaut ? Y décantot de l’gnole ?

C’est bien la première de la journée qu’un sourire éclaire sa face flétrie. Julien lui a interdit l’alcool, « parce qu’avec ton diabète Mamie, tu comprends ». Elle a tout à fait compris qu’on voulait qu’elle crève, mais surtout pas en s’amusant un peu.

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Chapitre One: J’suis vieille. Et alors, ça te regarde?

Derrière les rideaux de dentelle jaunis, elle guette le temps qui passe, ce temps qu’elle n’a plus devant elle. Bien calée au fond de ses charentaises, assise dans son fauteuil ou claudiquant dans les pièces silencieuses, elle regarde les gens par la fenêtre, ces jeunes malappris à la casquette à l’envers. Émilien, le vieux monsieur qui lui fait signe quand elle sort au courrier, ces enfants qui galopent sur les trottoirs et qui les rares fois où elle sort, manquent de la faire tomber. Elle compte ; ses sous, ses pilules, ses dernières heures, les secondes qui s’égrainent sur la pendule d’argent, elle compte tout ce qui lui reste. Elle astique et époussette ce qu’elle peut, elle range, elle plie, elle pose des petits sachets de lavande et des boules anti-mites. Elle n’allume plus la télé : ils sont tous trop grossiers. Il est loin de temps de Michel Drucker. Elle attend, seule dans cette maison « pas trop loin de chez nous pour qu’on passe te voir plus souvent » que son fils lui a acheté, et dans laquelle il ne met que trop rarement les pieds. Elle espère l’arrivée de l’infirmière, de la livraison des repas de la Mairie, du facteur, de n’importe qui en fait qui puisse rompre la monotonie de son existence qui se termine. Elle en est à s’impatienter de ne pas voir arriver le jeune abruti qui tentera de lui vendre des fenêtres ou un adoucisseur d’eau, et qu’elle laissera parler pendant des plombes avant de le mettre à la porte sans ménagement. Elle a toute sa tête mamie, même si, parfois, elle parle, à tout, à rien, à personne ou à elle-même, du temps qui fait, de son Léon qui n’est plus, des enterrements plus nombreux à son âge que les mariages, de sa trop petite retraite, des journaux qu’elle lit chez sa coiffeuse. Elle peste aussi contre les petits tracas de la vieillesse, les douleurs, les lettres des impôts, les factures, les enquiquineurs, les témoins de Jéhovah, les colporteurs de mauvaises nouvelles, la pluie, le froid, le chaud, le soleil, contre tous ces gens qui n’ont pas de cœur, contre la solitude, contre cette fuite elle ne sait où qui va la rendre complètement cinglée avant d’être sénile. Ou elle se tait et se souvient que son arthrose n’a pas toujours été aussi présente, qu’elle aimait les robes à fleurs, que son jupon s’est soulevé plus souvent qu’à son tour, et que Léon n’a pas toujours tout su. Elle se souvient qu’elle dansait, qu’elle riait, qu’elle croquait dans la vie comme on le fait dans une pomme d’amour, sans se soucier du sucre qui collera à notre visage.

Sa maison sent cette odeur douce et chaude des maisons de vieux, un mélange de thym, de miel, de camphre et d’encaustique. Elle bruisse des âmes qui l’ont occupée : ce vieil ingénieur qui a disparu sans laisser d’adresse un beau matin, et tous ceux avant lui qui résident maintenant au même endroit, dans le sol frais et humide du cimetière communal. C’est un plain-pied tout de briques qui regorge de coins et de recoins, une maison construite en dépit du bon sens, sans doute par un architecte migraineux ou alcoolique et dont elle occupe principalement quatre pièces : salon, cuisine, chambre, salle de bain (avec les petits coins à l’intérieur, et le bidet, comme elle aime). Elle sait qu’elle a une cave, mais avec sa prothèse de hanche qui couine, elle n’est jamais descendu ; et qu’au fond du couloir, il y a un bureau, mais bon, qu’est qu’elle irait bien y faire. En plus, il est fermé à clé, et elle n’a pas la patience de trouver la bonne dans le trousseau qu’on lui a donné. Dans le bureau il y a une grande bibliothèque, d’après l’agent immobilier qui n’y a sans doute jamais mis les pieds. Elle a un petit jardin aussi. C’est bien un petit jardin, « pour que tu puisses profiter un peu en été maman » … mais est-ce qu’elle le passera, ce foutu hiver qui n’en finit pas ?

Elle se prend à espérer que non, qu’on arrête de la soigner, de la faire tenir, qu’elle rejoigne son Léon plutôt que de vivoter dans cette bâtisse qu’elle ne connaît pas. Elle attend la faucheuse, la grande dame en noir, qui aura le bon sens de la faire clamser en pleine nuit plutôt que d’agoniser au sol pendant trois jours après s’être pris les charentaises dans le tapis de l’entrée, celle qui mettra fin à ce ploc-ploc qui l’exaspère depuis deux jours. Elle s’emmerde. Elle s’emmerde tellement qu’elle en a oublié que parfois s’emmerder a du bon. Et elle s’emmerde à tel point qu’elle va mettre quelque minutes à remarquer que ses vieilles pantoufles de vieille peau sont en train de prendre la flotte.

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Trop brève rencontre

L’horloge électronique égraine ses pions rouges un à un. La nuit est longue, très longue. Les gens vont bien. Leur temporaire bonne santé est une petite mort pour un service d’urgence comme le mien. Un C.R.R.A, voilà comment les initiés l’appellent. Centre de réception et de régulation des appels.
Pour les autres, c’est le « 15 », service de la détresse vitale comme de l’ivresse publique manifeste.
C’est le siphon, celui par lequel s »écoule le flot incessant des demandes de secours, plus ou moins justifiées. Au bout du fil, un Assistant de Régulation Médicale, une sorte de standardiste, mais qui serait capable de faire le tri entre la mamie qui demande -s’il vous plaît en m’excusant de vous déranger- un petit peu d’aide pour son mari qui « ne va pas bien », doux euphémisme pour nous dire qu’il se noie dans ses sécrétions bronchiques, et le jeune homme -dépeche toi Bâtard plutôt que poser des questions bouge ton cul d’fonctionnaire- qui appelle pour sa copine qui a une angine non examinée qu’elle traîne depuis huit jours; qui serait capable d’expliquer la réalisation d’un massage cardiaque à un béotien, ou vous trouver un médecin de garde pour votre renouvellement d’ordonnance à trois heures du matin.
Dans ce torrent qui se déverse, beaucoup de périodes de crues, et quelques rares accalmies. Et pour une fois, l’accalmie, c’est ce soir. (suite…)

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Liberty Belle

L’univers de cette nouvelle est assez typique de celui du jeu www.fract.org sur lequel je me suis remis à écrire

La dernière liberté, celle de fendre l’air sur une TT-R110E.Sans doute la seule chose qu’il me reste. Face au soleil, droit vers le couchant, avec la Horde à mes trousses. La dernière virée avant la mort.

Tout ça pour quelques litres, un Walter PKK et les cuisses de Liberty Belle. (suite…)

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New Sing-Sing

Des trombes s’abattent sur la cité rouge. Tout est boue et vapeur, l’air aussi lourd que la mélasse dans laquelle ils pataugent. Les conditions de vie comme de travail ici sont inhumaines, mais ceux qui vivent là sont considérés comme moins que des hommes. Ce sont des forçats, des condamnés à l’exil et au bagne, l’engeance enfantée par une société qui ne les reconnait plus comme les siens. Et du haut du miradors, j’attends qu’ils fassent un pas de travers. Sur New Sing-Sing on cultivait la peur et une mort à petit feu.
Les hauts-parleurs diffusent une douce litanie, le déluge en couvre le bruit. De toute manière, je ne supporte pas plus que les autres la voix de l’humanoïde Elam Lynds. L’entendre répéter ses consignes m’agace plus que tout. « Soyez pacifiques. Ne vous approchez pas des échelles électrifiées. Respectez les consignes écrites. Votre liberté est à ce prix…. ». Des banalités à rendre fou n’importe quel être humain, qu’il soit gardien ou bagnard. Mais de tout ce qui a un coeur, ils s’en foutent. Dans ce miasme audio, le pire c’était tout ça: ces cris de douleur, ces gens qu’on torture sans doute, ces hurlements qui s’achèvent sur des silences plus horribles encore. Ces grésillements du très haut voltage qui nous sépare la plupart du temps des détenus.

Il pleut de l’acide maintenant depuis six semaines, c’est la saison. (suite…)

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Fade to Black

« Fade to black » est un de mes premiers RP (Role Play). Il doit avoir cinq ou six ans maintenant. Vous y découvrirez mon tout premier personnage dans le jeu Fractal (www.fract.org). Un personnage prénommé Jerk. Bonne lecture, et excusez la maladresse de l’écriture

Sujet: Fade to black Lun 5 Jan – 15:27

[grande capitale européenne, début des années 2000. Grand bar, people, jet set, costards cravates et filles debout sur les podium dans des tenues plus que sexy…]

La nuit est fraiche. Mais à l’intérieur il fait plus que chaud. Comme tous les soirs, il fait le tour du propriétaire…Il se penche à l’oreille du videur..

-Hy guy…

Tom lui sourit. Il lui a filé du travail il y a quelques années. Venu de sa banlieue ouvrière, il ne savait rien faire ou presque. Quand on a une carrure comme la sienne, on est toujours bon à quelque chose. Lire la suite. Seulement si vous en avez l’âge

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