Mois : novembre 2014

Avant la nuit

Sur la demande d’une collègue de travail, voici une nouvelle aventure de la demoiselle aveugle dont vous avez fait connaissance dans le texte « Nuit ». Nous voilà donc quelques jours avant la rencontre entre Antoine et Chiara. Nous sommes par ailleurs le 25 Novembre, journée internationale pour l’éradication de le violence à l’égard des femmes. Bonne lecture

Quand j’ai perdu la vue, j’ai cru que le monde s’effondrait. Franchement, j’aurais préféré me couper un bras, ou même, mourir. C’est dur à entendre, mais c’est ainsi. Je suis passée du monde des valides, à celui, avec tout le péjoratif que j’y mettais, des « handicapés ». J’avais vingt-cinq ans et ce fut le pire anniversaire de ma vie. J’avais tout : du talent, un physique agréable, une tête bien faite, un homme qui, je le croyais, m’aimais. Et j’ai absolument tout perdu en une seule nuit d’été deux-mille-dix.

Il était dix-sept heures, et je rentrais du travail. Je suis développeuse en logiciels informatiques dans une firme italienne reconnue, j’avais un bon poste, intéressant, financièrement et personnellement enrichissant. J’étais une grande et belle italienne, de celles qui parlent avec les mains, qui cuisinent comme les mammas de chez moi, qui ont un tempérament de feu et les cheveux bruns. Je roulais à tombeau ouvert sur les routes de mon pays, sous un soleil éternel. Je consommais les hommes, je n’étais pas une sainte, j’avais un attrait pour tous les plaisirs, toutes les expériences. Je mordais la vie à pleines dents, osais comme osent les jeunes gens insouciants. Jusqu’à ce qu’il me mette en cage. Lire la suite.Uniquement si vous avez l’âge de ne pas être sage

CH.5 Granny-Smith: behind the door.

-On a pris les clés ma chérie?

-Elle doivent être restées sur le buffet. Insiste un peu ? Si ça tombe, sourde comme elle est, elle ne nous a pas entendus.

-C’est vrai qu’elle est sourde comme un pot.

Dinnnnnnng Dooooooong

-Ouais, ouais, j’arviens! Cha va pas tit bien d’sonner comme un sagouin ! Laisse Momone faire la route !

Comme un catamaran vent debout elle remonte le couloir. Dans une main, la bouteille, dans l’autre le tire-bouchon, les pantoufles à marée basse, l’eau s’étant évacuée par où elle pouvait.

-Mais va-t-y arrêter d’appuyer sur c’boution, ça doit être l’aut’andouille !

-Ah, je l’entends qui râle derrière la porte. Elle arrive.

-Elle va encore trouver une raison pour nous engueuler, tu vas voir.

Le temps gériatrique vient de s’arrêter net. Elle a un fils qui l’empêche de boire un petit canon de temps en temps, une belle-fille qui n’en veut qu’à son héritage, un long couloir bien vide derrière elle, et absolument aucun endroit pour cacher son litron et son tire-bouchon. C’est un drame du manque d’ameublement, un crime de lèse-ikéajesté. Pas une commode Skjölfund ou un armoire Blankitt entre elle et la porte. Le néant. C’était un coup à ce qu’ils passent plus souvent pour être certains qu’elle ne picole pas en douce. Les salopiauds.

-C’est qui c’est-y donc?

mar2
-C’est moi Maman. Avec ta belle-fille. On passe te faire coucou avant notre départ en vacances, tu te souviens?

-Ouais ouais. Suis pas sénile.

Granny-smith entrouvre la porte, juste assez pour que son œil torve apparaisse à ses visiteurs. La chaîne de sécurité n’est même pas tendue. (suite…)

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Nuit

Trois mois que je la connais, trois mois que je suis tombé sous son charme. Son rire, son parfum de vanille, l’espace qu’elle remplit de sa présence, son esprit affûté, sa repartie… j’aime tout en elle.

J’ai osé, elle a dit oui, mais…

Ce soir, je me suis donc mis sur mon trente-et-un. J’ai l’air d’un adolescent qui se rend à son premier bal. Préparé, dans mon plus beau costume, ma plus belle chemise, parfumé. J’ai même des sous-vêtements neufs. Je suis paré à toute éventualité. J’avance à tâtons dans ce long couloir que je ne connais pas et qui mène à son appartement. À ma grande surprise, elle a accepté ma proposition de rendez-vous, à la première condition qu’il se passe chez elle. C’est bien la première fois qu’une femme me propose une telle chose d’ailleurs. Sans doute a-t-elle besoin d’un environnement rassurant. J’y suis, le doigt levé, prêt à actionner le bouton de la sonnette. J’ai le cœur qui bat à deux cent, le souffle un peu court après avoir monté les quelques marches qui mènent à son logement. Je n’ai pas le temps d’appuyer qu’elle m’ouvre, comme si elle avait senti ma présence.

Sa voix est chantante, je ressens le plaisir qu’elle a à m’accueillir, elle porte son sourire jusqu’à mes oreilles. Comme elle est belle.

Come stai ? Je t’attendais.

– Je vais bien et toi ? Ravi que tu aies accepté que l’on se voie ce soir.

– Je te débarrasse ?

Je lui tends mon manteau, et le bouquet de roses qu’elle s’empresse d’aller mettre dans un vase.

– Merci pour les roses, leur parfum est magnifique.

– Pas tant que le tien.

Affascinante.

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Ch.2 Le Sang et l’Encens: Vieux-Lille

Le quartier est sans doute un des plus agréables de la ville. Festif, jeune, animé en soirée (parfois un peu trop). Les vieilles demeures de charme côtoient les restaurants plus ou moins luxueux, les bars à thème dans lesquels on sert les meilleurs cocktails de la ville, et les kébabs de dépannage pour les affamés de l’aube. C’est le cœur vivant de Lille, plus belle cité des Flandres, celui qui bat à toute heure et où résident bon nombre de notables locaux soucieux d’habiter l’hypercentre, ou d’étudiants ravis de profiter du secteur. Il y a du passage en continu ici, du livreur qu’on croise dès potron-minet, aux jeunes titubant des matins difficiles.

L’appartement est au troisième étage d’une résidence cossue du vieux Lille, rue de la Clef. Une maison de maître divisée en quatre. Un joli loft au rez-de-chaussée, un appartement de belles dimensions pour le secteur au premier, et deux petits duplex identiques, dont un est inoccupé. Enfin, ils sont tous les deux désormais libres. L’accès s’y fait via une grille de métal équipée d’un digicode, qui sécurise le hall et donne sur une porte de bois aux dimensions respectables. Une fois la porte poussée, au fond, une cour, avec trois chaises de bois et de fer forgé, une table de la même série, couvertes d’une peinture verte qui s’écaille. Une porte à gauche donne sur le local poubelle, et à droite, une nouvelle porte donne sur l’escalier qui distribue l’immeuble lui même. Celle-ci s’ouvre avec une clé de sécurité rectangulaire et poinçonnée sur sa longueur de trous à intervalles irréguliers. Chaque appartement a lui aussi sa porte fermée à clé.

Crédits: Lilletourisme.com

L’appel remonte à une demi-heure environ. La patrouille de police sillonnait une rue proche, effectuant quelques contrôles d’identité sur des badauds avinés. « Odeur suspecte », voilà le motif de départ. Ils traversent tranquillement la place du Général de Gaulle, dite la Grand Place pour les gens du coin, sous le regard bienveillant de la Déesse (suite…)

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Le sang et l’encens: prologue

L’odeur. C’est toujours l’odeur qui trahit les morts anonymes dans nos grandes villes de solitude et d’indifférence.
L’absence est un détail, les gens les plus proches nous sont toujours transparents. On ne veut pas les voir, on souhaite sa « tranquillité ». Fini le temps où nos portes étaient ouvertes, le temps ou l’on criait d’entrer au quidam frappant à notre carreau.  On ne nuit pas au voisinage sans réveiller l’ire de tout un palier, bien avant que trop d’absence ne fasse naitre de l’inquiétude.

crime
Pour sûr, ce n’était pas quelqu’un de très fréquentable, on le disait un peu raciste, un peu drogué, souvent mal entouré et parfois bruyant. Aussi, son silence avait été vécu comme un soulagement pour les voisines du dessous, un répit dans le trouble anormal de voisinage qu’elles avaient parfois signalé aux autorités du secteur.

Il n’y avait pas de mots assez forts pour décrire cet effluve, mélange de rance et d’âcre, qui se dégageait des locaux du dérangeant voisin. Ça sent tout simplement la mort, le sang coagulé, ça nous laisse imaginer notre devenir à tous, les vers, les mouches, plus rien. Quand on est homme de terrain, on envisage, avant même d’entrer, ce qui nous attend une fois la porte brisée.

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Ch.4: Granny-Smith et lie-de-vin

– Ma Momone -oui, quand elle se parle à elle-même, elle se surnomme momone- c’est l’bon diou qu’a ouvert les grandes eaux pour qu’tu trouves la réserve d’boutanches de l’ancien taulier du bouibouis ! Dans ton cul l’fiston ! Ce soir chez Momone, c’est soirée gnôle ! Mais n’avant, faut-y que j’coupe l’ieau.

bouteilles

Notre vieille pomme fripée s’avance, telle le Titanic vers son iceberg, jusqu’aux deux manettes qui semblent pouvoir juguler le flot qui inonde ses pantoufles et le parquet d’une bonne partie de la maison. Le navire Granny-Smith va apponter, petit pas par petit pas. Trois. Deux. Un. Impact. La voilà prête à se pencher pour fermer les vannes. Elle abaisse la première, mais c’est sans effet. La source de l’inondation continue à cracher. La deuxième est bien plus bas. Ses os craquent, ses rhumatismes se réveillent, son ostéoporose menace de lui rappeler qu’une hanche, c’est du monobloc. (suite…)

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18èmes Journées Du Livre Régional à Etroeungt, la suite

On se rapproche des 29 et 30 Novembre et donc de mon premier salon du livre !

Le programme:

– Samedi 29 Novembre, ouverture des portes de 14h00 à 19h00 avec la présence d’une bonne trentaine d’auteurs

Conférence à 15h30

Inauguration officielle à 17h30

– Dimanche 30 Novembre, ouverture des portes de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h30, en présence d’une quarantaine d’auteurs.

Remise des prix du Concours de Poésie « La belle époque, 14-18, les années folles »

Conférence à 15h30

Une exposition des photographies de M. JL Auffret aura lieu tout le week-end

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Mon Cher Balmy: retour sur lecture

Bonsoir mes amis!

J’ai reçu il y a 48h un livre, et je me suis proposé (mais l’envoi était peut être une demande en soi d’ailleurs) d’en faire la critique sur ce blog. J’ajouterai que cet exercice pour moi sera rare, puisque avant tout, écrire est mon fond de commerce et mon passe temps favori.

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Un e-book donc (moi qui ne jure que par le papier …) des Éditions Dominique Leroy, ecrit par Isabelle Boucheron.

Je vous passe la description de la maison d’édition (suite…)

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Interview: sous les jupons d’Élena McCiestric

     Quand on commence les concours de nouvelles, mieux vaut être bien accompagné. Elle m’a donné du courage, poussé à écrire plus, corrigé mes fautes de syntaxe et qui plus est, c’est une amie de longue date. Depuis on ne se quitte plus vraiment beaucoup, la distance se réduit à coup de connexion internet. Alors quoi de plus normal que de commencer par ce petit concentré de charme et de fureur ? Ladies and Gentlemen, please applause… Miss Élena MacCiestric pour une interview fromage ou dessert !

Elena Mc Ciestric


-Bonjour Élena! Sois la bienvenue ici, puisque ça sera toujours un peu chez toi. Première question: pas trop la pression?
Si. *Toussote*. C’est ma première interview, ça fait tout drôle !
Alors on attaque tout de suite. La première est facile. Thé ou café ?
Chocolat.
– Chips ou choucroute ?
Chips. Déjà, parce que patates. Ensuite, parce que j’ai la choucroute en horreur. La seule chose que je suis capable de manger dans une choucroute garnie, c’est les patates.
– Bocuse ou McDonald ?
De plus en plus Bocuse, de moins en moins McDo’. Mais avant tout, la cuisine de mon chéri et de mon père.
– Cigarette ou Whisky ?
Par défaut, whisky, mais tant qu’à faire, aucun des deux. Une bonne Rochefort à la place. Ou une Bière du Sorcier, tiens ! J’ai découvert ça récemment, c’est un délice, surprenant et rafraîchissant. Mais toujours avec modération.
 
– Ville ou nature ?
L’écolo en moi aimerait te répondre nature, mais la banlieusarde dans l’âme que je suis, incapable de sortir dans une forêt sans avoir peur des bestioles, te répondra plutôt ville… Malheureusement.

– Voiture ou vélo ?
Hum, plutôt vélo, même si depuis que j’ai enfin passé le permis, je dois avouer que la voiture est un plus non négligeable.
 
– Bahamas ou Irlande ?
IRLANDE !!! IRLANDE BON SANG ! J’aimerais tellement y aller…
 
– Bruit ou silence ?
Silence. Mais pas un silence électrique. Un silence naturel, rempli du bruit du vent dans les arbres, d’un ruisseau pas loin, du bruissement de l’herbe et des feuilles mortes.
– Jean Dujardin ou Jude Law ?
Pour le physique, les deux. Pour la personnalité, sans doute Jude Law, plutôt. Il fait un excellent Watson.
– Dexter ou Californication ?
Jamais vu un seul épisode de Dexter, jamais réussi à finir la première saison de Californication. Par affinité, je dirais Californication, néanmoins.
– David Guetta ou Deep Purple ?
Ahah, heu, désolée de peut-être te décevoir, mais sans doute plutôt David Guetta.* Fait une recherche rapide sur Google quand même pour en avoir le cœur net*… HANNNN Mais c’est eux ?! Ah, Smoke On The Water ! J’ai rien dit, Deep Purple !!!:D
– Disney ou Ghibli ?
Argh, une question piège ! Je dirais que, puisque c’est la compagnie Disney qui distribue les films des studios Ghibli en France, je n’ai pas à choisir ! AH-AH !
– Nothomb ou Coelho ?
Quand j’étais au collège, Coelho et son Alchimiste m’ont ouvert un monde merveilleux. Puis au lycée, Weber. Et ensuite, Nothomb. Si je dois choisir uniquement entre ces deux-là à ce jour, alors ça serait Amélie-san.
– Stylo ou clavier ?
Définitivement clavier. J’adore écrire au stylo, mais j’ai les doigts beaucoup plus lents que l’esprit, et un poignet qui se fatigue vite. C’est pourtant pas faute de faire du sport… Au clavier, je suis capable de taper à peu près à la vitesse à laquelle je pense ou pas loin, et du coup c’est beaucoup plus fluide, je peux rester deux heures d’affilée à faire sortir les mots comme des chapelets de saucisses sans m’en rendre compte.
– Timide ou extravertie ?
Les deux, mon capitaine ! Surtout qu’on peut être timide et extraverti, té ! Le contraire d’extraverti c’est introverti, pas timide… Mais dans mon cas, c’est une extraversion de façade : je me ressource seule, et je suis légèrement agoraphobe.
– Brune ou blonde ?
Bière ? Brune ! J’aime le caractère. Femme ? Brune ou blonde, ou rousse, ou albinos, ou la boule à Z, m’en fiche… C’est pas les cheveux qui m’attirent, en général ; c’est un tout !
-Manif’ pour tous ou Arc-en-ciel ?
La question ne devrait même pas se poser. Arc-en-ciel, évidemment.
– Cuir ou dentelle ?
Hum… Vinyle. La dentelle c’est chouette mais ça gratte, c’est trop léger, c’est peu confortable. Surtout la dentelle synthétique, en fait, qu’on trouve le plus souvent. Et le cuir, je suis allergique à la plupart des tanins utilisés dans l’industrie du cuir… Donc, vinyle.
– Plume ou fouet ?
Fouet. Martinet, même. Ou Chat-à-neuf-queues.

– Jour ou nuit ?
Le jour pour le soleil, le farniente, la bonne chère, le vent, la neige. La nuit pour l’écriture, le chocolat, la magie, la pluie, la lune.
– Des projets ?
Sauver le monde. Nan, j’déconne… Ou pas.

Voilà, un grand merci à ma petite Elena que j’adore pour tout ce qu’elle est. Et je vous jure que c’est une petite femme bien complexe. Vous trouverez ses textes publiés, sans doute les plus beaux de tout le recueil, dans l’ouvrage « Tintamarre des Sens », aux Editions l’Encre Parfumée de Lys (oui, celui-là même qui inclut ma participation. Logique, c’est là que notre aventure littéraire commune a commencé).
Bonne journée à vous ! Sa biographie, c’est là : http://www.editionslencreparfumeedelys.com/nos-auteurs/elena-macciestric/
WarElena
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Bonne nuit !

Bon, c’est ce qu’on appelle une nuit efficace:
– ma première interview réalisée, et bientôt dans le blog (demain, ou après demain)
– un texte pour un concours rédigé. Par contre, j’écris de plus en plus long. 8 000 signes plus ou moins 10% … j’en suis à 9 300 en deux heures, et encore, j’ai mis les freins. Vous pensez que c’est grave docteur ?

 

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