Category: Adulte

Bas de Soi.

*** Cadeau pour la nouvelle année. Un texte dont je récupère les droits puisque le changement de distributeur a été l’occasion pour les Éditions du 38 de rendre leur liberté aux écrits des collectifs Paulette.
Du coup, moi, je vous l’offre puisqu’elle n’est plus disponible en ligne. J’en ai une ou deux autres en stock, bande de chanceux ! ***

*** Attention, c’est un texte pour adultes ! ***

La grande avenue est vide. Il est tard et les lampadaires lui donnent un air blafard que le crachin local n’arrange pas. C’est l’automne. J’avance, intimidée. Quelques pas séparent la station de métro de la grande vitrine vers laquelle je me dirige. C’est ma première fois. J’y pense depuis longtemps pourtant, mais faire ce pas… rien d’évident. J’ai un peu peur. Motivée, je le suis pourtant. Je vais le faire, pour moi, et surtout pour la douce Paulette. Les derniers mètres sont les plus durs à franchir. Je me sens toute petite devant la façade blanche aux baies immenses, closes par un store métallique juste assez ajouré pour qu’on devine la lumière au travers. La chair de poule me gagne, la peau de mes jambes nues frissonne à vue d’œil. Il est temps de me mettre au chaud.

Je pousse sur la poignée, elle me résiste. Fermé. Évidemment dans ce genre de boutique comme ailleurs, à vingt-et-une heures les portes sont closes. Tremblante, je monte le doigt vers la sonnette et appuie. Le cri étouffé d’un vieux carillon vient mourir à mes oreilles, et quelques secondes plus tard déboule une petite demoiselle au look explosif. Deux tours de verrou et c’est d’une voix guillerette qu’elle m’accueille.

– Entre, je t’en prie. Je ferme toujours la porte, dans le quartier à cette heure-ci on ne sait jamais sur qui on peut tomber. Je t’attendais.

Du geste, elle me propose de me séparer de ma veste trois-quarts beige et de mon sac à main.

– On se pose là ?

Elle m’invite à prendre place sur le canapé d’angle posé dans un coin de la grande pièce. C’est l’accueil de la boutique, mais le fauteuil sert plutôt de lieu d’attente que de travail. Les clients sont d’habitude reçus sur les sièges de plastique situés face aux bureaux. Aux murs, des tableaux de corps nus et musclés. Jeunes hommes et jeunes femmes de toutes origines. Un bel éphèbe africain retient mon attention. Son regard m’accroche, presque inquisiteur. Le sourire dessiné me rassure cependant, j’aurais presque envie de répondre à toutes les questions qu’il pourrait me poser.

– Café ? Thé ? Coca ?

– Un café, merci. Noir et sans sucre.

– Ravie de te rencontrer après tout ce travail par messagerie interposée. La route n’a pas été trop chiante ?

– Je déteste la ville et ses bouchons, mais bon, je suis là pour me faire plaisir, faut bien souffrir un peu avant !

Le rire mutin de l’hôtesse résonne dans la pièce vide. Les petites rides qui se dessinent au coin de ses yeux verts lui donnent un air encore plus fripon. Elle est définitivement charmante. Une petite trentaine, cheveux roses d’un côté, rasés de l’autre, et fringues de collégienne anglaise. Jupette et bottines, chemise cintrée largement ouverte sur une poitrine menue. Sexy à en tomber de plaisir sous ses doigts.

– Je fais les cafés et je sors les dessins. On termine de bosser dessus le cul sur les coussins ? Tu me diras si tu as besoin de retouches ou si on se lance ensemble de suite.

– Moi ça me semblait déjà pas mal, mais vas-y montre-moi tout !

– Ne me tente pas, on se connaît à peine…

Se laisser aller sous des mains expertes, s’abandonner et faire confiance lui semblait désormais un peu plus simple. Bonne commerciale, la demoiselle savait faire tomber la distance naturelle entre la cliente et la professionnelle avec charme, et mettre à la place chaleur et humour.

Le temps d’un vrombissement de machine à café, elle sort d’une pochette cartonnée un grand Canson et le pose sur la table ; une feuille de papier noircie d’un dessin un peu particulier.

– Alors ?

– J’adore. Encore plus beau maintenant que tu l’as terminé !

– T’es sûre, on ne change rien ?

– Rien !

– Y’a plus qu’à !

J’emmène le café avec moi dans l’arrière-salle, je le pose sur la cheminée et commence à me déshabiller doucement sans attendre qu’elle me le demande.

– Mets-toi à l’aise et vire le bas. On en a pour un bout de temps.

La jupe tombe au sol. J’ai l’air plutôt sexy dans mes godasses Michel Perry et mes sous-vêtements Victoria’s Secret. Allez, je dirais même que je suis canon.

– Tu peux m’aider pour mes bottes ?

Contrairement à la B.B de Gainsbourg, bottée jusqu’en haut des cuisses comme un calice à sa beauté, je me suis contentée de cavalières. Parfait accord avec ma jupe courte, mais difficiles à enlever toute seule. Elle s’approche, chevauche ma cuisse et me tourne le dos pour glisser entre ses jambes mon pied. Le froid du cuir pourrait la faire tressaillir mais elle ne montre rien. Enfin, rien… c’est vite dit. Dos à moi, penchée vers l’avant, ses fesses se découvrent et s’offrent à ma vue. Elle tire en poussant un petit soupir d’effort charmant. Je lui offre la suivante, qu’elle ôte sans soucis.

– T’es prête ?

– C’est parti…

Ma voix est serrée et je déglutis avec difficulté. La pression monte, tout comme cette sensation d’être sur le fauteuil du dentiste.

– Hey, on se détend miss. Tu verras, tu vas adorer. Allonge-toi sur le fauteuil et laisse-moi faire. Tu t’installes là sur le ventre, tu gardes une jambe dessus, et tu écartes l’autre et la poses sur le pouf. Moi je vais me glisser entre les deux.

J’ai le rouge qui me monte aux joues. Elle est quand même extrêmement tendancieuse dans ses propos, la demoiselle. J’imagine le nez de Paulette se retrousser de colère si elle pouvait entendre tout ça. Partageuse quand elle est là, exclusive quand elle ne l’est pas. Je prends place, sage et tendue.

– On en a pour trois bonnes heures, alors si tu as besoin d’aller pisser, de faire une petite pose ou quoi que ce soit, n’hésite pas. On n’est pas aux pièces de toute manière, je t’ai réservé toute ma soirée. Et t’inquiète pas si tu vois mon collègue passer, il dessine dans la pièce derrière, et il a déjà vu plus d’un cul allongé là.

– T’en fais pas, je ne suis pas pudique.

– Avec un corps de déesse pareil, tu aurais tort de l’être.

Le plastique des gants claque sur ses mains, et sur le haut de ma cuisse elle étale une sorte de crème désinfectante. Elle vient ensuite appliquer un calque de son dessin quelques centimètres sous ma croupe qu’elle retire aussi vite. C’est chaud et agréable. Je sursaute et elle rit. La machine vient de se mettre en route et pour quelques secondes je m’imagine à nouveau chez le dentiste. Un vrai bruit de fraise. J’en ai d’un coup mal aux dents. Heureusement la présence de ce buste féminin entre mes guibolles avant-bras posés sur le bas de ma fesse d’un coté et sur mon mollet de l’autre me rassure et me réchauffe intérieurement.

-Va falloir un quart d’heure pour que la peau s’habitue à la sensation. Et après ça va rouler tout seul. Compte sur moi pour te détendre si besoin, c’est toujours meilleur quand on est zen. Je vais commencer par le tracé de la jarretière avec l’inclusion du prénom, le nœud et les dentelles, et je viendrai poser les plumetis sur toute la jambe. Souffle un coup, je démarre. On va aller aussi loin que possible, mais de toute manière il te faudra plus d’une séance.

Grande fille, je serre les dents pour ne laisser passer sous l’impact de l’aiguille du dermographe qu’un léger gémissement. Deux grands miroirs posés au pied du mur me permettent de voir se dessiner un sourire sur le visage de la tatoueuse. C’est officiel, elle est sadique.

– T’as un joli cul dis donc ! Tu fais du sport ?

– Rien du tout. J’ai horreur de ça. J’ai juste du bol et la génétique fait le reste. Et merci pour le compliment !

– Et t’as une vraie peau de poulet. Le rendu va être superbe.

L’aiguille s’acharne, trait par trait, point par point, pour reproduire une version dessinée du célèbre bas de soie plumetis de chez Cervin. Une jarretière dentelle assez large, et une myriade de petits piquetages géométriquement disposés sur toute la jambe. Une merveille qu’adore Paulette.

– Paulette, c’est le prénom de ta copine ?

– Disons que c’est une camarade de jeu depuis l’adolescence. Une amie très… très proche.

– Jalouse ?

– On partage pas mal de choses, alors parfois oui, un peu, mais bon, on reste assez lib…

Mon dernier mot n’est pas terminé que je sens sa main remonter entre mes cuisses. Pour tendre ma peau ? Pas certain. Son outil de torture court sur ma couenne, et je sens son petit doigt effleurer les élastiques de ma culotte. Je ne sais plus si je frissonne de douleur ou d’excitation. J’écarte un peu plus la jambe posée sur le pouf. Oui, c’est une invitation. Elle me répond par un sourire mais n’arrête en rien sa tâche. Ce soir, j’aurai une bonne partie de ma jambe droite tatouée d’un bas de soie magnifique, et Paulette ne pourra plus me les arracher. D’ailleurs je ne sais pas si ce sont mes pensées à ma douce Paulette qui m’emmènent plus loin encore dans mes fantasmes ou l’aiguille perçant ma peau qui trouble mon esprit, mais j’ai envie d’amour. Perdue dans mes pensées, les minutes passent et le délicat tissu de ma culotte doucement s’imbibe. Entre les cuisses une petite auréole commence à naître.

– Ça va, pas trop mal ? La douleur doit avoir quasiment disparu là. On y est depuis une petite heure, et généralement les clients commencent à y trouver du plaisir.

Je vois exactement ce qu’elle veut dire. La frontière entre les deux est si ténue que je bascule petit à petit. Bien sûr j’appréciais déjà les douces fessées de Paulette, mais je ne me voyais pas pour autant adepte du masochisme. L’aiguille qui me fait mal… me fait du bien, et entre mes cuisses, il fait chaud et humide. Je sens qu’elle en profite pour écarter un peu plus ma culotte. Une lèvre dépasse désormais de la toile fine. Elle la caresse tout en gravant ma peau. J’ai peur du moment où le tracé de la jarretière sera terminé et où elle entamera les points sur ma jambe, loin de mon petit chat.

– Pas mal non. J’avoue que je trouve ça grisant. Je ne vois pas grand-chose, tu en es où ?

– L’avant de la cuisse est tracé. Reste l’arrière et les points sur toute la jambe. Tu veux une petite pause ?

– Pas de refus. Je m’ankylose à ne pas bouger. Et je commence à avoir un petit creux. T’aurais pas un truc à grignoter ? Une petite douceur ?

– Pour les douceurs, j’ai toujours ce qu’il faut…

Derniers mots pleins de sous-entendus. Mon sourire lui offre la réponse qu’elle attendait. D’un quart de tour lent vers la gauche, et sans quitter mon regard, elle vient écarter ma petite culotte. Doucement sa bouche descend, et elle pose un baiser au sommet de mon pubis. Carnivore, je sens ses dents qui délicatement marquent ma peau, et sa langue jouer contre l’ouverture que je lui offre. Elle se fait une place. Ma main vient chercher ses cheveux et mes genoux remontent de chaque côté de son visage. Le contact avec la partie courte de sa coupe de cheveux me donne l’impression qu’un homme m’aime, et quand je passe sur ses mèches longues, c’est une femme qui me lèche. Elle m’offre une expérience nouvelle et passionnante.

– Ne t’arrête pas.

Pour unique réponse le mouvement de sa langue qui a trouvé le passage. Mon clitoris pointe, elle le titille, le caresse, en fait le tour, descend et remonte, passant entre grandes et petites lèvres. Je sens le liquide qui coule sur mon plancher pelvien, mélange de sa salive et de mon foutre féminin. Je serre les fesses. Ma respiration devient plus sourde et plus profonde. Décidément, les hommes ne sont pour moi que le complément des femmes. J’en ai presque du mal à comprendre ce que Paulette leur trouve. Une fois de temps en temps, oui, mais bon…

Ses incisives qui d’un coup mordillent ma peau me tirent de mes rêveries. Pourquoi diable reviens-je toujours à Paulette ? Ma tatoueuse suce et aspire ma chair dans sa bouche brûlante. J’adore ses mains qui viennent saisir mon cul, son souffle sur mon ventre et évidemment ses baisers. Ses ongles se plantent, tout mon corps devient plus sensible encore à son langoureux cadeau. Je gémis.

– Tu aimes on dirait. Tu en veux un peu plus ?

– Oh oui…

Sous mes fesses, sa main se glisse. Je sens son index qui se promène entre ces deux orifices par lesquels j’aime tant prendre du plaisir. Elle dessine des cercles du doigt pendant que sa langue me fouille du plus profond qu’elle peut. Je suis aux anges… et je pense à Paulette. Je sursaute quand son doigt plonge en moi.

Du fond du salon s’élève une voix masculine.

– Merde les filles, je n’arrive pas à me concentrer. Pourriez pas vous contenter d’un tatouage ? J’ai des dessins à finir moi !

Je suis surprise, mais le sourire doux de ma tatoueuse qui lève la tête me rassure. Elle lui répond.

– Désolée Jimmy. On s’est un peu laissées aller.

– Tu fais chier quand même !

De concert nous éclatons de rire. Je chuchote :

– Jimmy ?

– Mon associé. T’en fait pas, il est un peu habitué à ce que je dérape avec les clientes quand elles sont aussi jolies que toi. Et puis il est pédé comme un phoque. Je n’ai même jamais réussi à le sucer. Il refuse toujours.

– Dommage…

– T’aimes les plans à trois ?

– Oh… si on me tente… trois… quatre…

– En attendant il nous a coupées dans notre élan ce petit con.

– Oui. Va falloir que tu te remettes à tatouer ! Tu as des bas de soie à finir !

– Pour ce soir…

Elle lève la tête, il est déjà minuit passé. Je me redresse et admire ma cuisse. Mine de rien, elle a bien avancé. Vivement la prochaine séance, et les premiers retours de Paulette. Elle ne m’arrachera plus mes bas de soie.

Le Cadeau (2/?)

En silence, tu dévores ton petit-déjeuner. En plus d’être gaulée comme une déesse, elle fait la bouffe comme un chef. C’est la femme idéale. Tu en es presque à te demander si tu ne remplacerais pas ton actuelle compagne par le cadeau qu’elle te fait. Un clou chasse l’autre…
Elle te regarde en attendant sagement que tu termines ton plat, et dans ce provisoire silence tu cogites comme jamais. Qu’est ce qui a bien pu passer par la tête de ta nana pour t’offrir ce genre de cadeau ? Jusqu’où peux-tu aller ? Si tu pousses l’expérience trop loin, l’actuelle propriétaire de ton petit corps d’athlète ne se pointera-t-elle pas pour démonter ta tronche de pervers ? Et après tout, pourquoi tout ça ne serait-il pas un piège pour te tester ?

– Humm.

On ne peut avoir regard plus perdu que le tien. Bovin. Tu es largué et ton cerveau fonctionne plus vite et de manière plus désordonnée que ces mains qui t’amènent tes œufs. Tu dégustes son frichti, tu te régales, évidemment. Le café chaud te ramène à la dure réalité, et ce qu’il y a de bien, c’est qu’elle est totalement identique à ce que tu vis en ce moment même. Tu fais durer les dernières bouchées, de peur que les consignes qu’elle va te donner limitent ton plaisir à portion congrue.

– Si vous avez terminé…

– Faites, je suis toute ouïe.

– Pour vos trente ans, Madame n’a pu être présente. Aussi, tenant à marquer le coup, elle a fait appel à mes services. Je suis ici pour la journée, comme je vous ai dit…

Elle tend la main vers le coffret sculpté.

… Votre épouse a déposé dans cette boîte huit fantasmes sur des petites cartes…

Tes yeux roulent sur eux-mêmes, le loup de Tex-Avery, à côté de toi, a l’air calme et posé. Ton caleçon ne suffit plus à contenir ton envie, mais comme par bonheur tu es assis, les apparences sont encore sauves.

… et pour commencer, vous allez en sortir quatre, au hasard. A vous !

Fébrilement, tu avances les doigts et fais pivoter le couvercle sur ses gonds. La boîte contient effectivement huit papiers, format carte de visite, glacés, que tu risque de faire s’embraser d’un simple contact avec tes phalanges. Ils sont parfaitement rangés dans des encoches, tels les lames de sang d’une disciple de Dexter en goguette. Tu tires le premier. Et tu déglutis, sourdement, avant de reposer le papier devant toi.

– A voix haute, s’il vous plaît.

– Je… oui, pardon. « Profiter d’une soumise, menottée et muette »

Son sourire est carnassier. Elle jubile. Tu ne sais plus où te mettre, dans ta tête c’est quatorze Juillet.

– Continuez je vous prie.

Avec un peu plus d’aise, et une goutte de sueur qui perle sur ton front, tu tires le second.

– « Trio Homme-Homme-Femme »

-Très bien, je note. Papier suivant ?

Ta femme a tapé juste. Jusque là, elle a tout bon, ta « to do list » se coche ligne après ligne;

– « Expérience tantrique ».

Oui, bon, d’accord, tu aurais voulu essayer. C’est sorti, reste à espérer que vous fassiez ça en premier. Parce qu’après un ou deux tours de grand-huit, les chevaux de bois risquent de te sembler fades.
Face à toi, elle acquiesce, pensive, et t’invite à continuer le tirage.

« Glory Hole » sort de ta gorge, remué par un vibrato musical. Elle te dévisage avec gourmandise. Tu as l’impression d’être scanné aux rayons X, découpé au laser.

– Voilà un tirage intéressant.

Sur ses talons et fesses à l’air, elle traverse la pièce. La croupe tendue, elle se penche sur ton ordinateur, saisit le mot de passe et démarre une session Skype. Quelques secondes après la sonnerie d’appel typique, c’est ta dulcinée qui te regarde, ravie de son cadeau.

– Bon anniversaire mon amour !

– T’es vraiment une grande cinglée. C’est quoi cette idée de ouf ?

– Bah quoi, elle ne te plaît pas Leslie ?

– Moqueuse ! Elle est…

Tu te tournes vers elle, histoire de ne pas passer pour le dernier des rustres.

– Vous êtes sublime Mademoiselle.

De nouveau tu pivotes vers ton épouse, qui se marre.

– Bon. Je suis là juste de passage, pour te dire deux choses. D’une part, tu peux faire ce que tu veux avec la demoiselle, tu me connais, pas de risque de jalousie de mon côté. Et d’autre part, te dire que j’ai configuré l’ordinateur pour accéder quand je le voudrai aux caméras qu’on a posées dans la maison. Je passerai vous voir… à l’occasion. J’ai ma journée, les volets sont fermés, je compte bien en profiter.

– T’es une grande malade…

– Une grande malade qui disparaît. Amuses-toi bien mon cœur !

L’écran s’éteint. Noir, mise en abîme. T’es parti pour une journée braguette, et le programme qu’elle vient de t’énoncer est alléchant.

C’est donc la charmante Leslie qui reprend la parole.

– Voilà. Vous savez presque tout. Je vais aller me changer et préparer quelques accessoires. Installez vous donc confortablement dans le canapé. Ah, j’oubliais. Les quatre papiers que vous avez tirés, ce sont les fantasmes que vous avez éliminés.

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Défait divers : Comme au Cinéma

Comme vous le savez, je participe autant que possible à des concours de nouvelles. Et qui dit concours dit impossibilité de vous présenter les nouvelles que j’écris tant que je n’ai pas eu de réponse de l’éditeur du concours.
Et bien aujourd’hui, bonne nouvelle ! Je n’ai pas été sélectionné par la Musardine. Ce qui veut dire, bande de petits veinards (enfin, ça, ça sera si mon texte vous plait) que voici un texte inédit, initialement prévu pour les Éditions de la Musardine. Au passage, si vous êtes amateurs de textes érotiques, c’est LA librairie incontournable du genre.
Lisez le vite avant qu’un autre éditeur le trouve à son goût et me demande de le retirer viiiiiite !

Le thème de l’appel à texte : Faits Divers
J’espère qu’il vous plaira.

 

[CinmaX recherche une comédienne typée africaine, avec sens du rythme, pour tournage de film X. Débutantes acceptées. Rémunération en fonction de l’expérience. « Le Chevalier Angus tombe amoureux de la pucelle Maure venue amuser le peuple en son bon château » Envoyez photos + CV par mail à CinmaX@gmail.com.]

 

– Nous vous écoutons, racontez nous. Cette maison d’édition recherche des textes un peu plus crus qu’ailleurs. Cliquez uniquement si vous avez l’âge de faire des bêtises !

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Il y a longtemps que je ne vous ai pas proposé un extrait de texte…

On va remédier à ça tout de suite.

Le texte sera envoyé pour un « AT » (comprenez Appel à Textes) de la collection L’Ivre des Sens, aux Editions L’ivre-book.
Collection Adulte et éditeur numérique donc (moi qui ne jure et ne lit que papier), mais nouvelle expérience d’écriture sous l’impulsion de leur directrice de collection, la charmantissime Julie Derussy (qui est également une auteure de très très grande qualité; et dont l’adresse du blog se trouve dans la partie « Vous allez aimer » de mon site).
Le thème de l’AT : les masques.
Et mon approche… vous verrez bien ! Vous avez l’habitude de mon regard de biais sur les appels à texte je crois depuis le temps qu’on papote !
Allez, si jamais vous souhaitez en lire plus, il faudra patienter un peu. Soit il est publié et rejoindra mes quelques textes commercialisés, soit il sera ici, en cadeau, pour faire plaisir à Wissam qui trouve que je m’embourgeoise depuis qu’on ne peut plus beaucoup me lire gratuitement.

« De lourds coups cognent contre l’ouvrant de bois. Dans la hâte, Joséphine se rhabille sans prendre la peine de nettoyer sa poitrine. Elle me quitte avec un sourire que j’ai du mal à lui rendre. L’homme que j’étais aura vécu une heure de plus. »

Comme dirait Julien Lepers, « Pour Vous qui êtes chez vous, un indice »

Indice

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Bas-nylon

Un petit avant-goût de la nouvelle sur laquelle je travaille. Elle vous plait ?

La grande avenue est vide. Il est tard et les lampadaires lui donnent un air blafard que le crachin local n’arrange pas. C’est l’automne. Elle avance, intimidée. Quelques pas séparent la station de métro de la grande vitrine vers laquelle elle se dirige. C’est sa première fois. Elle y pense depuis longtemps pourtant, mais franchir le pas… rien d’évident. Elle a un peu peur. Motivée, elle l’est pourtant. Elle va le faire, pour elle, et surtout pour la douce Paulette. Les derniers mètres sont les plus durs à faire. Elle se sent toute petite devant la façade blanche aux baies immenses, closes par un store métallique juste assez ajouré pour qu’on devine la lumière au travers. La chair de poule la gagne, la peau de ses jambes nues frissonne à vue d’œil. Il est temps de se mettre au chaud.

Elle pousse sur la poignée, qui lui résiste. Fermé. Évidemment dans ce genre de boutique comme ailleurs, à vingt-et-une heures les portes sont closes. Tremblante, elle monte le doigt vers la sonnette et appuie. Le cri étouffé d’un vieux carillon vient mourir à ses oreilles, et quelques secondes après déboule une petite demoiselle au look explosif. Deux tours de verrou plus tard, c’est d’une voix guillerette qu’on l’accueille.

– Entre, je t’en prie. Je ferme toujours la porte, dans le quartier à cette heure-ci on ne sait jamais sur qui on peut tomber. Je t’attendais. On se pose là ?

Elle l’invite à prendre place sur le canapé d’angle posé dans un coin de la grande pièce. C’est l’accueil de la boutique, mais le fauteuil sert plutôt de lieu d’attente que de travail. Les clients sont d’habitude reçus sur les sièges de plastique situés face aux bureaux. Aux murs, des tableaux de corps nus et musclés. Jeunes hommes et jeunes femmes de toutes origines. Un bel éphèbe africain retient son attention. Son regard l’accroche, presque inquisiteur. Le sourire dessiné la rassure cependant.

– Café ? Thé ? Coca ?

– Un café, merci. Noir et sans sucre, lui répond-elle d’une voix tremblotante.

– Ravie de te rencontrer après tout ce travail par messagerie interposée. La route n’a pas été trop chiante ?

– Je déteste la ville et ses bouchons, mais bon, je suis là pour me faire plaisir, faut bien souffrir un peu avant !

Le rire mutin de l’hôtesse résonne dans la pièce vide. Les petites rides qui se dessinent au coin de ses yeux verts lui donnent un air encore plus fripon. Elle est définitivement charmante. Une petite dame de la trentaine, cheveux roses d’un côté, rasés de l’autre, et fringues de collégienne anglaise. Jupette et bottines, chemise cintrée largement ouverte sur une poitrine menue.

– Je fais les cafés et je sors les dessins. On termine de bosser dessus le cul sur les coussins ? Tu me diras si tu as besoin que je ressorte les crayons ou si on se lance ensemble de suite. Et puis détends-toi, fais comme si on était entre copines ! Pas de stress !

…la suite ? Bientôt !

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Le cadeau (1/?)

Il est des matins difficiles qui se révèlent devenir de vrais moments de plaisir. Des supposées, pressenties « journées de m@}*/+ » qui s’annoncent et qui pourtant vous laissent d’impérissables souvenirs. La veille, forcément, tu abuses un peu, quelques amis qui passent, des rires, de la bonne bouffe, de la bière de qualité, du champagne peut-être, trois heures du matin, voir quatre. Quand tu termines comme ça, tu le sais, au petit matin tu auras mal au crâne, les cheveux qui poussent à l’envers, et, posé sur la langue, un sac de vingt-cinq kilos de plâtre fin. Alors quand ce petit matin commence à cinq heure quarante-cinq, après peu -trop peu- de sommeil, par le passage d’un camion benne qui se prend pour une Testarossa à ta fenêtre (faire vrombir le moteur du camion, c’est le petit plaisir solitaire du conducteur de ton quartier), tu pestes. Tu vas pisser, tu souffles dans ta main pour savoir si, maintenant que tu as dessaoulé, tu peux survivre avec une haleine aussi chargée qu’un mulet dans le désert. Tu te rends à l’évidence que tes dents pourraient tomber avant ton prochain réveil, tu vas te les brosser et faire un bain de bouche, puis tu remontes te coucher, en espérant que personne ne vienne t’emmerder avant quatorze heures du matin… ce qui arrive à sept heures pétantes. Là, vu comment tu as finis hier, tu te demandes à quelle heure commencent les perquisitions, et tu redescends, en caleçon, faisant fi de toute dignité ou de ton dernier soupçon d’amour propre.

Tu ouvres la porte comme un ours qui défend sa caverne, en poussant un « Ouaiiiiis ?  » prêt à enfoncer la tronche du premier couple de témoins de Jéhovah venu, ou à te retrouver -l’option numéro un- le museau contre le mur avec le poignet inconfortablement collé entre tes omoplates par un gentil fonctionnaire en uniforme.
Dans ton brouillard mental, tu es même à deux doigts de refermer le battant sur… une magnifique brunette aux cheveux courts et au sourire enjôleur, qui énonce ton nom de famille avec la voix d’une hôtesse de l’air (PNC aux portes, les gilets, les toboggans, tout ça tout ça). Lire plus, seulement si tu as l’âge de ne pas être sage

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Plic-ploc fait la pluie

J’adore le cliquetis des gouttes d’eau qui pianotent à ma fenêtre. Je reste là à écouter leur douce musique, faite de plics et de plocs. Mozart, Rachmaninov, allez vous rhabiller, jamais votre oreille n’entendra plus douce mélopée, jamais les doigts de vos interprètes les plus illustres ne fileront plus vite sur les blanches et les noires que l’eau sur mes vitres. Et tout ça, simplement, parce que c’est sous cette douce musique que je l’ai aperçue pour la première fois. Ces sons là parlent à mon cœur mieux que vos concertos. Ils tordent mon ventre comme vous ne saurez jamais le faire.

C’était dans les premiers frissons de l’automne, quand il pleuvait par période de 10 jours sur la jolie Place aux Oignons. Les pavés brillaient, les lumières s’allumaient tôt, et les touristes qui découvraient Lille le faisaient sous un parapluie ou un imperméable. Et moi dans tout ça, je tuais mes soirs assis bien au chaud, sur le rebord de ma fenêtre, un livre inutile à la main, un chat persan voyageur à mes côtés, à regarder s’ébrouer le monde un peu plus bas : ce couple qui se chamaillait, cette mamie qui dodelinait d’un pas lent en remontant vers la Déesse, ces passant qui passaient, plus ou moins bien dans leur peau et dans leur tête, cet homme volage qui circulait au même endroit avec deux femmes différentes sous le bras à quelques heures d’intervalle, ces touristes qui faisaient marcher le commerce local en abreuvant de leurs devises les boutiques de luxe du quartier.

Un soir de pluie, donc, mon cœur est tombé par la fenêtre. Une chute de trois étages, sans filet, pour atterrir à ses pieds. Le temps s’était arrêté et la fraction de seconde seulement si vous avez l’âge de ne plus être sage

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Rencontre (presque) sans paroles

La fumée s’élève doucement, dessinant des femmes et des hommes en volutes, des courbes, des voiles légers, presque transparents. Elle floute mon horizon, m’aidant à imaginer des ailleurs nouveaux ou des réalités transformées et à les coucher sur le papier. Les lignes se remplissent peu à peu d’une histoire qui parle d’amour, de luxure et de peaux qui se collent, dans un demain qui n’existe pas encore. J’ai le stylo prolixe, j’adore le bruit de fond qui m’entoure. Les conversations de comptoir sont des successions de non-sens, et le vide de leur propos ne trouble pas mon imaginaire, quand la régularité du tic-tac d’une horloge arriverait à me faire perdre le fil de mes récits. Lorsque j’écris, je me sens sur un fil, ingénue équilibriste, et un rien peut me faire tomber. Alors, autant choir dans une bonne tasse d’espresso, assise confortablement à la table d’un café du centre-ville. Je perds la notion du temps, le boit souvent froid, mais j’avance, respecte mes délais et enfante sans douleur des pages et des pages de texte. Se vouloir auteure est un travail à plein temps.

Vingt-cinq minutes que j’attends. Enfin, vingt puisque je suis arrivé un peu en avance. Tu parles d’un rendez-vous galant : pas fichue d’être à l’heure à la première rencontre, en voilà une qui marque d’entrée des points. Je ne suis pas patient Lire la suite.Uniquement si vous avez l’âge de ne pas être sage

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Votre colère est la mienne

Ce texte était prévu pour un concours, mais il était d’une part hors-sujet, et d’autre part, tellement bien rangé dans mon PC que j’ai oublié de l’envoyer. Je le dédie à mes amis dont sexualité ne rentre pas dans les cases des manifestants liberticides. Vous êtes libres, suivez autant votre cœur que vos envies. Je vous aime et j’aime votre saine colère. Je n’ai pas choisi d’être hétérosexuel parce que ce sont des choses qu’on ne choisit pas. On est ce qu’on est, et on ne choisit que sa liberté.

Bande de vieux cons. Non, je me trompe. Bande de cons. Il n y a pas d’âge pour être con, certains le deviennent plus vite que d’autres. Jeunes cons, cons de soixante-huitards. Cons de réacs, d’étudiants, de racistes, d’homophobes, de pédés. Cons de présents et d’absents. Cons de la dernière averse, cons caduques ou cons débutants, vieux cons des neiges d’antan comme disait le poète. Vous m’emmerdez. Il faut que je sois franc, vous m’emmerdez vraiment, à me regarder là, derrière vos petites lunettes rondes ou carrées, vos lentilles, avec votre gouaille, votre silence, votre avis dont je me fous royalement et dont, pourtant, vous m’abreuvez par hectolitre.

Vous me mettez dans une rage folle, vous faites bouillir mon sang, hurler plus que je ne devrais. Je n’en peux plus de vous entendre, de vous lire et vous écouter, de vous sentir humer mon air, de vous écouter vous taire, pour savoir ci ou ça de moi, des autres, des gens. Je crève de vous voir lever les yeux par dessus votre journal, dévisager sans franchise des reflets dans les vitres du métro, écouter mes conversations ou les commérages. (suite…)

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Avant la nuit

Sur la demande d’une collègue de travail, voici une nouvelle aventure de la demoiselle aveugle dont vous avez fait connaissance dans le texte « Nuit ». Nous voilà donc quelques jours avant la rencontre entre Antoine et Chiara. Nous sommes par ailleurs le 25 Novembre, journée internationale pour l’éradication de le violence à l’égard des femmes. Bonne lecture

Quand j’ai perdu la vue, j’ai cru que le monde s’effondrait. Franchement, j’aurais préféré me couper un bras, ou même, mourir. C’est dur à entendre, mais c’est ainsi. Je suis passée du monde des valides, à celui, avec tout le péjoratif que j’y mettais, des « handicapés ». J’avais vingt-cinq ans et ce fut le pire anniversaire de ma vie. J’avais tout : du talent, un physique agréable, une tête bien faite, un homme qui, je le croyais, m’aimais. Et j’ai absolument tout perdu en une seule nuit d’été deux-mille-dix.

Il était dix-sept heures, et je rentrais du travail. Je suis développeuse en logiciels informatiques dans une firme italienne reconnue, j’avais un bon poste, intéressant, financièrement et personnellement enrichissant. J’étais une grande et belle italienne, de celles qui parlent avec les mains, qui cuisinent comme les mammas de chez moi, qui ont un tempérament de feu et les cheveux bruns. Je roulais à tombeau ouvert sur les routes de mon pays, sous un soleil éternel. Je consommais les hommes, je n’étais pas une sainte, j’avais un attrait pour tous les plaisirs, toutes les expériences. Je mordais la vie à pleines dents, osais comme osent les jeunes gens insouciants. Jusqu’à ce qu’il me mette en cage. Lire la suite.Uniquement si vous avez l’âge de ne pas être sage

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