On retourne faire un petit tour du côté de chez Julie ?

Dans le boudoir avec … Julie Huleux

Bah oui, Salon du Livre de Paris, sortie de La Panthère Noire, des Petites Nouvelles Mutines…
C’est qu’elle est sous les feux de la rampe, notre Julie.

Elle nous rend visite pour mon… pour notre plus grand plaisir !

 

Non-censuré

La débauche. Voilà ce qui vient de me tomber dessus. Non pas que je vire vers le stupre, l’alcool et les produits illicites, mais je viens de me faire débaucher.
La (très) charmante équipe du Blog/page FB/Instagram/Pinterest Www.noncensure.eu vient de faire appel à mes services d’auteur de nouvelles érotiques pour participer à la partie littéraire de leur sensuel conglomérat. Non-censuré est avant tout la matérialisation d’une vision moderne du libertinage. Celle d’une nouvelle génération qui souhaite porter à votre connaissance l’essence d’érotisme, de sensualité et de modernité qui émerge de ce monde, et qui partage moins l’image grasse et lourde qu’il a longtemps véhiculé.
Non-censuré, c’est une équipe à laquelle je me joins :
– Adam, le sage homme aux multiples facettes. Auteur philosophe de l’érotisme, cérébralement sexy ou sexuellement cérébral. Il chapeautera et validera toutes les coquineries que nous aurons l’audace de vous proposer
– Faustine, miss Mode et gardienne de la porte des plaisirs. Diaboliquement belle, esthète, tentatrice.
– Enigmatik, reflet libertaire d’un photographe éditorial et publicitaire. L’oeil chasseur d’image dont les créations et les trouvailles sauront vous émoustiller.
– La Stagiaire. Elle passe un Master, et rien que dans le nom de ce niveau d’étude, il y a quelque chose d’érotique. Reste à savoir si de future titulaire de Master elle deviendra Mistress. Serez vous soumis ?
– Sééna, la curieuse, la gourmande, l’exploratrice. Non, pas Dora, Sééna vous dis-je. Elle vogue dans des eaux nouvelles et sa plume vous fera voyager vers des mots (maux) que vous effleuriez à peine.
– Et moi, auteur et dénicheur de plumes talentueuses qui rêvent d’érotiser vos nuits les plus paisibles. Esprits coquins, claviers fripons, nous laisserons libre cours à nos imaginaires délurés pour votre plus grand bonheur. Nos mots donnent chaud au service de vos plaisirs bientôt avoués.
Non-censuré se veut devenir une communauté. La page Facebook est déjà suivie par plus de (gloups) 1700 personnes, qui partagent la même vision d’une société qui évolue, se libère et ose enfin le beau le chic et libertin.
Enfin, Non-censuré sera très bientôt un livre mêlant photos de charmes en lieux libertins et textes érotiques. Je vous en dis déjà trop. Vous avez tant de surprises à venir découvrir en notre compagnie.

 

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Bas de Soi.

*** Cadeau pour la nouvelle année. Un texte dont je récupère les droits puisque le changement de distributeur a été l’occasion pour les Éditions du 38 de rendre leur liberté aux écrits des collectifs Paulette.
Du coup, moi, je vous l’offre puisqu’elle n’est plus disponible en ligne. J’en ai une ou deux autres en stock, bande de chanceux ! ***

*** Attention, c’est un texte pour adultes ! ***

La grande avenue est vide. Il est tard et les lampadaires lui donnent un air blafard que le crachin local n’arrange pas. C’est l’automne. J’avance, intimidée. Quelques pas séparent la station de métro de la grande vitrine vers laquelle je me dirige. C’est ma première fois. J’y pense depuis longtemps pourtant, mais faire ce pas… rien d’évident. J’ai un peu peur. Motivée, je le suis pourtant. Je vais le faire, pour moi, et surtout pour la douce Paulette. Les derniers mètres sont les plus durs à franchir. Je me sens toute petite devant la façade blanche aux baies immenses, closes par un store métallique juste assez ajouré pour qu’on devine la lumière au travers. La chair de poule me gagne, la peau de mes jambes nues frissonne à vue d’œil. Il est temps de me mettre au chaud.

Je pousse sur la poignée, elle me résiste. Fermé. Évidemment dans ce genre de boutique comme ailleurs, à vingt-et-une heures les portes sont closes. Tremblante, je monte le doigt vers la sonnette et appuie. Le cri étouffé d’un vieux carillon vient mourir à mes oreilles, et quelques secondes plus tard déboule une petite demoiselle au look explosif. Deux tours de verrou et c’est d’une voix guillerette qu’elle m’accueille.

– Entre, je t’en prie. Je ferme toujours la porte, dans le quartier à cette heure-ci on ne sait jamais sur qui on peut tomber. Je t’attendais.

Du geste, elle me propose de me séparer de ma veste trois-quarts beige et de mon sac à main.

– On se pose là ?

Elle m’invite à prendre place sur le canapé d’angle posé dans un coin de la grande pièce. C’est l’accueil de la boutique, mais le fauteuil sert plutôt de lieu d’attente que de travail. Les clients sont d’habitude reçus sur les sièges de plastique situés face aux bureaux. Aux murs, des tableaux de corps nus et musclés. Jeunes hommes et jeunes femmes de toutes origines. Un bel éphèbe africain retient mon attention. Son regard m’accroche, presque inquisiteur. Le sourire dessiné me rassure cependant, j’aurais presque envie de répondre à toutes les questions qu’il pourrait me poser.

– Café ? Thé ? Coca ?

– Un café, merci. Noir et sans sucre.

– Ravie de te rencontrer après tout ce travail par messagerie interposée. La route n’a pas été trop chiante ?

– Je déteste la ville et ses bouchons, mais bon, je suis là pour me faire plaisir, faut bien souffrir un peu avant !

Le rire mutin de l’hôtesse résonne dans la pièce vide. Les petites rides qui se dessinent au coin de ses yeux verts lui donnent un air encore plus fripon. Elle est définitivement charmante. Une petite trentaine, cheveux roses d’un côté, rasés de l’autre, et fringues de collégienne anglaise. Jupette et bottines, chemise cintrée largement ouverte sur une poitrine menue. Sexy à en tomber de plaisir sous ses doigts.

– Je fais les cafés et je sors les dessins. On termine de bosser dessus le cul sur les coussins ? Tu me diras si tu as besoin de retouches ou si on se lance ensemble de suite.

– Moi ça me semblait déjà pas mal, mais vas-y montre-moi tout !

– Ne me tente pas, on se connaît à peine…

Se laisser aller sous des mains expertes, s’abandonner et faire confiance lui semblait désormais un peu plus simple. Bonne commerciale, la demoiselle savait faire tomber la distance naturelle entre la cliente et la professionnelle avec charme, et mettre à la place chaleur et humour.

Le temps d’un vrombissement de machine à café, elle sort d’une pochette cartonnée un grand Canson et le pose sur la table ; une feuille de papier noircie d’un dessin un peu particulier.

– Alors ?

– J’adore. Encore plus beau maintenant que tu l’as terminé !

– T’es sûre, on ne change rien ?

– Rien !

– Y’a plus qu’à !

J’emmène le café avec moi dans l’arrière-salle, je le pose sur la cheminée et commence à me déshabiller doucement sans attendre qu’elle me le demande.

– Mets-toi à l’aise et vire le bas. On en a pour un bout de temps.

La jupe tombe au sol. J’ai l’air plutôt sexy dans mes godasses Michel Perry et mes sous-vêtements Victoria’s Secret. Allez, je dirais même que je suis canon.

– Tu peux m’aider pour mes bottes ?

Contrairement à la B.B de Gainsbourg, bottée jusqu’en haut des cuisses comme un calice à sa beauté, je me suis contentée de cavalières. Parfait accord avec ma jupe courte, mais difficiles à enlever toute seule. Elle s’approche, chevauche ma cuisse et me tourne le dos pour glisser entre ses jambes mon pied. Le froid du cuir pourrait la faire tressaillir mais elle ne montre rien. Enfin, rien… c’est vite dit. Dos à moi, penchée vers l’avant, ses fesses se découvrent et s’offrent à ma vue. Elle tire en poussant un petit soupir d’effort charmant. Je lui offre la suivante, qu’elle ôte sans soucis.

– T’es prête ?

– C’est parti…

Ma voix est serrée et je déglutis avec difficulté. La pression monte, tout comme cette sensation d’être sur le fauteuil du dentiste.

– Hey, on se détend miss. Tu verras, tu vas adorer. Allonge-toi sur le fauteuil et laisse-moi faire. Tu t’installes là sur le ventre, tu gardes une jambe dessus, et tu écartes l’autre et la poses sur le pouf. Moi je vais me glisser entre les deux.

J’ai le rouge qui me monte aux joues. Elle est quand même extrêmement tendancieuse dans ses propos, la demoiselle. J’imagine le nez de Paulette se retrousser de colère si elle pouvait entendre tout ça. Partageuse quand elle est là, exclusive quand elle ne l’est pas. Je prends place, sage et tendue.

– On en a pour trois bonnes heures, alors si tu as besoin d’aller pisser, de faire une petite pose ou quoi que ce soit, n’hésite pas. On n’est pas aux pièces de toute manière, je t’ai réservé toute ma soirée. Et t’inquiète pas si tu vois mon collègue passer, il dessine dans la pièce derrière, et il a déjà vu plus d’un cul allongé là.

– T’en fais pas, je ne suis pas pudique.

– Avec un corps de déesse pareil, tu aurais tort de l’être.

Le plastique des gants claque sur ses mains, et sur le haut de ma cuisse elle étale une sorte de crème désinfectante. Elle vient ensuite appliquer un calque de son dessin quelques centimètres sous ma croupe qu’elle retire aussi vite. C’est chaud et agréable. Je sursaute et elle rit. La machine vient de se mettre en route et pour quelques secondes je m’imagine à nouveau chez le dentiste. Un vrai bruit de fraise. J’en ai d’un coup mal aux dents. Heureusement la présence de ce buste féminin entre mes guibolles avant-bras posés sur le bas de ma fesse d’un coté et sur mon mollet de l’autre me rassure et me réchauffe intérieurement.

-Va falloir un quart d’heure pour que la peau s’habitue à la sensation. Et après ça va rouler tout seul. Compte sur moi pour te détendre si besoin, c’est toujours meilleur quand on est zen. Je vais commencer par le tracé de la jarretière avec l’inclusion du prénom, le nœud et les dentelles, et je viendrai poser les plumetis sur toute la jambe. Souffle un coup, je démarre. On va aller aussi loin que possible, mais de toute manière il te faudra plus d’une séance.

Grande fille, je serre les dents pour ne laisser passer sous l’impact de l’aiguille du dermographe qu’un léger gémissement. Deux grands miroirs posés au pied du mur me permettent de voir se dessiner un sourire sur le visage de la tatoueuse. C’est officiel, elle est sadique.

– T’as un joli cul dis donc ! Tu fais du sport ?

– Rien du tout. J’ai horreur de ça. J’ai juste du bol et la génétique fait le reste. Et merci pour le compliment !

– Et t’as une vraie peau de poulet. Le rendu va être superbe.

L’aiguille s’acharne, trait par trait, point par point, pour reproduire une version dessinée du célèbre bas de soie plumetis de chez Cervin. Une jarretière dentelle assez large, et une myriade de petits piquetages géométriquement disposés sur toute la jambe. Une merveille qu’adore Paulette.

– Paulette, c’est le prénom de ta copine ?

– Disons que c’est une camarade de jeu depuis l’adolescence. Une amie très… très proche.

– Jalouse ?

– On partage pas mal de choses, alors parfois oui, un peu, mais bon, on reste assez lib…

Mon dernier mot n’est pas terminé que je sens sa main remonter entre mes cuisses. Pour tendre ma peau ? Pas certain. Son outil de torture court sur ma couenne, et je sens son petit doigt effleurer les élastiques de ma culotte. Je ne sais plus si je frissonne de douleur ou d’excitation. J’écarte un peu plus la jambe posée sur le pouf. Oui, c’est une invitation. Elle me répond par un sourire mais n’arrête en rien sa tâche. Ce soir, j’aurai une bonne partie de ma jambe droite tatouée d’un bas de soie magnifique, et Paulette ne pourra plus me les arracher. D’ailleurs je ne sais pas si ce sont mes pensées à ma douce Paulette qui m’emmènent plus loin encore dans mes fantasmes ou l’aiguille perçant ma peau qui trouble mon esprit, mais j’ai envie d’amour. Perdue dans mes pensées, les minutes passent et le délicat tissu de ma culotte doucement s’imbibe. Entre les cuisses une petite auréole commence à naître.

– Ça va, pas trop mal ? La douleur doit avoir quasiment disparu là. On y est depuis une petite heure, et généralement les clients commencent à y trouver du plaisir.

Je vois exactement ce qu’elle veut dire. La frontière entre les deux est si ténue que je bascule petit à petit. Bien sûr j’appréciais déjà les douces fessées de Paulette, mais je ne me voyais pas pour autant adepte du masochisme. L’aiguille qui me fait mal… me fait du bien, et entre mes cuisses, il fait chaud et humide. Je sens qu’elle en profite pour écarter un peu plus ma culotte. Une lèvre dépasse désormais de la toile fine. Elle la caresse tout en gravant ma peau. J’ai peur du moment où le tracé de la jarretière sera terminé et où elle entamera les points sur ma jambe, loin de mon petit chat.

– Pas mal non. J’avoue que je trouve ça grisant. Je ne vois pas grand-chose, tu en es où ?

– L’avant de la cuisse est tracé. Reste l’arrière et les points sur toute la jambe. Tu veux une petite pause ?

– Pas de refus. Je m’ankylose à ne pas bouger. Et je commence à avoir un petit creux. T’aurais pas un truc à grignoter ? Une petite douceur ?

– Pour les douceurs, j’ai toujours ce qu’il faut…

Derniers mots pleins de sous-entendus. Mon sourire lui offre la réponse qu’elle attendait. D’un quart de tour lent vers la gauche, et sans quitter mon regard, elle vient écarter ma petite culotte. Doucement sa bouche descend, et elle pose un baiser au sommet de mon pubis. Carnivore, je sens ses dents qui délicatement marquent ma peau, et sa langue jouer contre l’ouverture que je lui offre. Elle se fait une place. Ma main vient chercher ses cheveux et mes genoux remontent de chaque côté de son visage. Le contact avec la partie courte de sa coupe de cheveux me donne l’impression qu’un homme m’aime, et quand je passe sur ses mèches longues, c’est une femme qui me lèche. Elle m’offre une expérience nouvelle et passionnante.

– Ne t’arrête pas.

Pour unique réponse le mouvement de sa langue qui a trouvé le passage. Mon clitoris pointe, elle le titille, le caresse, en fait le tour, descend et remonte, passant entre grandes et petites lèvres. Je sens le liquide qui coule sur mon plancher pelvien, mélange de sa salive et de mon foutre féminin. Je serre les fesses. Ma respiration devient plus sourde et plus profonde. Décidément, les hommes ne sont pour moi que le complément des femmes. J’en ai presque du mal à comprendre ce que Paulette leur trouve. Une fois de temps en temps, oui, mais bon…

Ses incisives qui d’un coup mordillent ma peau me tirent de mes rêveries. Pourquoi diable reviens-je toujours à Paulette ? Ma tatoueuse suce et aspire ma chair dans sa bouche brûlante. J’adore ses mains qui viennent saisir mon cul, son souffle sur mon ventre et évidemment ses baisers. Ses ongles se plantent, tout mon corps devient plus sensible encore à son langoureux cadeau. Je gémis.

– Tu aimes on dirait. Tu en veux un peu plus ?

– Oh oui…

Sous mes fesses, sa main se glisse. Je sens son index qui se promène entre ces deux orifices par lesquels j’aime tant prendre du plaisir. Elle dessine des cercles du doigt pendant que sa langue me fouille du plus profond qu’elle peut. Je suis aux anges… et je pense à Paulette. Je sursaute quand son doigt plonge en moi.

Du fond du salon s’élève une voix masculine.

– Merde les filles, je n’arrive pas à me concentrer. Pourriez pas vous contenter d’un tatouage ? J’ai des dessins à finir moi !

Je suis surprise, mais le sourire doux de ma tatoueuse qui lève la tête me rassure. Elle lui répond.

– Désolée Jimmy. On s’est un peu laissées aller.

– Tu fais chier quand même !

De concert nous éclatons de rire. Je chuchote :

– Jimmy ?

– Mon associé. T’en fait pas, il est un peu habitué à ce que je dérape avec les clientes quand elles sont aussi jolies que toi. Et puis il est pédé comme un phoque. Je n’ai même jamais réussi à le sucer. Il refuse toujours.

– Dommage…

– T’aimes les plans à trois ?

– Oh… si on me tente… trois… quatre…

– En attendant il nous a coupées dans notre élan ce petit con.

– Oui. Va falloir que tu te remettes à tatouer ! Tu as des bas de soie à finir !

– Pour ce soir…

Elle lève la tête, il est déjà minuit passé. Je me redresse et admire ma cuisse. Mine de rien, elle a bien avancé. Vivement la prochaine séance, et les premiers retours de Paulette. Elle ne m’arrachera plus mes bas de soie.

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Déçu mais pas trop

Bon.

Parfois, on a des craintes qui se révèlent totalement justifiées. J’avais un gros doute sur l’avis de mon chef de service concernant l’autorisation de parution d’un livre sur les perles du Samu.
Je ne m’étais pas trompé.

Je comprends ses réticences, je les avais moi-même exprimées avant le lancement du projet.
Je ne partage pas son avis mais je respecte ses arguments. L’association de traits d’humours avec un service dont l’image ne doit pour lui n’être qu’excellence et sérieux est impossible. Donc voilà.
Le livre sortira ailleurs, parce que d’autres Samu ont l’accord de leur chef de service et que certains collègues avaient déjà commencé à écrire des choses semblables.

Je tiens à les remercier d’avoir mis en pause leur projet et même participé au mien, qui était de très loin bien plus avancé. Comme je remercie Laure pour son soutien sans faille et pour les coups de pieds aux fesses qui m’ont permis d’avancer et de terminer ma part du marché.
Merci aussi à Alain pour la couverture très sympa qu’il m’avait offert.
Donc déçu, mais pas trop. J’avais intégré cette possibilité depuis longtemps. Quand on est fonctionnaire, ça fait parti du jeu. Et j’ai bon espoir de pouvoir réutiliser la partie sérieuse du livre ailleurs. Il faut que j’y réfléchisse.
Ça aura été une formidable expérience d’écriture pour moi.  Je cours me remettre à mes nouvelles !

A très bientôt !

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Le retour du retour

Bon, j’ai enfin trouvé un peu de temps pour bosser à l’écriture !!

Entre la vie familiale, le travail (le vrai, le payé assez pour acheter à manger) et les activités extra-toutlereste, je n’avais pas écrit quand chose depuis l’été.

Donc, dans la rubrique newnews :

J’ai terminé (sauf retour, mais il ne devrait pas y en avoir beaucoup je pense) les corrections du projet de livre Samu. Donc direction le bureau du boss pour essayer d’avoir son accord pour publication. Ou du moins le droit de poursuivre un peu plus haut la demande d’autorisations

J’ai reçu un petit message qui me fait tout drôle. Une petite fille qui a aimé mon livre va le présenter devant sa classe.
Vous savez, celui là

http://livre.fnac.com/a9329618/Cedric-Givaudan-Les-grands-ne-savent-pas-nous-parler
 
Bref, une journée agréablement remplie… d’autant plus qu’une amie semble tentée par un peu d’écriture à 4 mains…

Au boulot !

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Impardonnable

Bon, je sais, je suis impardonnable…

Quasi six mois que je n’ai pas mis les mains dans le cambouis de ce blog. Mais je ne vous oublie pas.
J’ai toujours quelques projets en route.

D’abord, le livre sur le SAMU. La couverture est prête, Les corrections se terminent, restent encore à passer sous la lame de la direction de mon lieu de travail. Parce que oui, forcément, fonction publique oblige, il me faut l’accord de ma direction pour publier.

Ensuite, j’ai enfin réussi à décider une amie. Elle devrait, si elle a le temps -mais on va le prendre- illustrer une nouvelle toute fraîche… qu’il va me falloir écrire.

Enfin, je tente un concours, mais cette fois -si nous arrivons à ne pas être hors-délai- sur de l’écriture à deux mains.

Voilà les nouvelles neuves du front. J’ai toujours trop peu de temps pour écrire à mon goût, mais gageons que la situation s’améliorera début juillet.
Hauts les cœurs, et bonnes lectures !

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Les grands ne savent pas nous parler.

Voilà, 2015 est sous les cendres, et pour bien faire la bascule, je vous dévoile ma fierté du moment.
Après de longs mois de travail, tant d’écriture que d’illustration… Tadaaaaaaam. Voici « Les grands ne savent pas nous parler »

 

Les grands ne savent pas nous parler couverture

Je suis ravi de vous présenter NOTRE PREMIER LIVRE POUR ENFANTS ! Xav’ Bidule et moi même sommes donc les heureux papas d’un livre autant destiné aux grands qu’aux petits puisqu’il aborde un sujet difficile, celui de la mort d’un proche et de la manière dont l’enfant et les adultes ressentent cette absence.

J’ai proposé ce texte à un concours il y a quelques longs mois de ça, aux Éditions L’Encre Parfumée de Lys. Laure, l’éditrice, a cru en ce texte au point de le refuser pour le concours, mais de vouloir en faire en livre, et même de me proposer d’entamer une collection. J’y travaille au gré de mon inspiration et je tiens à la remercier pour sa patience comme pour sa ténacité ! Comme je tiens à remercier Xav’ Bidule pour son exceptionnel travail d’illustration, plein de douceur, de lumière et d’intelligence, complément idéal du texte. Vous noterez également que la police de caractère utilisée est adaptée aux dyslexiques et leur facilite la lecture.

Les grands ne savent pas nous parler Interieur

J’ai voulu ce texte comme un support, une aide pour les parents dont la famille est confrontée à un décès et qui ont besoin d’expliquer ça aux enfants. Moi, en tant qu’adulte, je me sens toujours en difficulté quand je dois aborder des sujets tristes et difficiles avec mes filles. J’essaie d’y mettre autant de tact que possible, mais… voilà, vous savez comme moi que ce n’est pas évident. Nous sommes Grands, et rien de plus difficile que de parler simplement aux Petits.

Pour commander :

  • En allant dans votre librairie de quartier (vous savez, la petite qui risque de fermer si vous n’y allez plus) et en leur donnant le numéro d’ISBN 979-10-93245-06-5. Votre libraire se le fera livrer à la boutique et vous passerez le récupérer quelques jours plus tard.
  • Sur le site de la Fnac en cliquant sur le lien qui suit : Les grands ne savent pas nous parler
  • Sur le site de la maison d’édition et laissez vous guider. C’est Ici

Si vous voulez une dédicace, suffit de venir me voir avec le livre. Et si vous êtes trop loin, envoyez moi un petit message qu’on s’arrange entre nous.

Merci encore de me suivre, et meilleurs vœux pour cette année 2016 que je vous souhaite pleine d’amis, de partage, de tolérance et d’amour. Soyez heureux !

 

 

 

 

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Un joli gratuit, et un récap’

Oui, bon, voilà, ça arrive…
Je suis en retard pour tout en ce moment.Donc, deux chose : d’abord, la Collection Paulette a décidé, avant les fêtes, de vous offrir un collectif absolument charmant.

Cinq filles auteurs de nouvelles érotiques, s’appréciant dans la vie comme à l’écrit, ont eu envie d’écrire à propos l’une de l’autre. Elles ont échangé des photos et ont laissé leur imagination vagabonder. Certaines ont inventé des histoires de toutes pièces, d’autres ont évoqué l’écrivaine et leurs fantasmes. Les textes sont tendres ou épicés, joyeux ou mélancoliques, poétiques ou bien ancrés dans la réalité…

Ce projet les a rapprochées, leur a permis de mieux se connaître encore. Elles ont eu envie de relier leurs textes en un recueil illustré pour l’offrir à leurs lecteurs, sans qui elles n’existeraient pas.

On dit merci qui ? NOOOOON pas Jacquie et Michel ! M’enfin, bande de gros dégoutants ! Ici, on a un peu de classe !
On remercie avec toute la douceur qui vous caractérise l’adorable Julie Derussy, la féline Miss Kat, la talentueuse Cassandra Maraval (qui n’a pas de site à elle apparemment, mais que vous retrouverez dans la Collection Paulette bien sur mais aussi dans la Collection Osez de la Musardine), la gourmande Clarissa Rivière et enfin, main de fer dans un gant de velours, Aline Tosca.

Je me suis régalé à lire mes camarades de jeu. Et vous ?

La première chose étant faite, voici un petit récap’ des ouvrages dans lesquels j’ai eu le plaisir d’être publié

Dans la Collection Paulette : Désirs d’évasionBas de Soie et Talons Aiguilles et Fantasmes et Miroirs. A télécharger dans vos liseuses ou sur votre PC/Portable/Téléphone/Boulier…

Aux Éditions L’Encre Parfumée de Lys, dans les ouvrages papier Tintamarre des Sens et Juste un Moment D’Amour. Et puisque c’est du papier, je peux même vous les dédicacer, vous y laisser mon 06…

Aux Éditions L’Ivre-Book : Étreintes Masquées, en téléchargement pour lire sous votre couette. Ou dans le métro, mais attention à votre voisin qui lira par dessus votre épaule.

N’hésitez pas à mettre tout ça dans la hotte du Père Noël !!

Bonne préparation de fêtes à tous.

Jerk, qui vous bisoute.

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Aragon avait raison, et Paris ne sombrera jamais.

PARIS – Louis Aragon

Où fait-il bon même au cœur de l’orage
Où fait-il clair même au cœur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris

Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai

Rien ne m’a fait jamais battre le cœur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

Louis Aragon

Jean Julien

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Concours HF des Halliennales.

C’était un petit concours sympa sur des nouvelles d’Héroïc Fantasy, j’ai pris du plaisir à y participer. Bientôt je vous mettrai le lien vers les textes gagnants des Halliennales d’Octobre 2015.

affdecoup

 

Voici déjà leur bouilles de vainqueurs !

http://www.halliennales.com/les-laureats-du-concours-de-nouvelles-2015/
En attendant, voici le mien, qui n’a pas été retenu (à vrai dire je m’en doutais, c’était plus pour le défi d’écrire dans un domaine que je ne maitrise pas qu’autre chose).

Choisir

Là, un mouton.

Ici, un cheval qui galope vers le soleil.

Maintenant, ce cheval qui se transforme en visage de femme, avec de très grands yeux et un sourire tendre. Le vent souffle doucement et porte avec lui les nuages qui dessinent, tout là-haut, des chimères et des dragons. Le ciel est changeant, c’est une belle après -midi d’été, comme je les aime. Le soleil réchauffe ma peau, les coquelicots dansent dans l’herbe folle. Dans l’air flotte une odeur de pin et de lilas. Autour de moi, rien que le son des feuilles qui combattent contre Éole. J’ai vaincu.

La quête fut longue et périlleuse, la souffrance m’a accompagné tout le long du chemin. J’ai du vaincre mes peurs les plus profondes pour arriver en ce jour béni de Juillet. Rien ne m’aura été épargné. Horreurs abyssales, créatures de l’au-delà, goules et chancres démoniaques, je les ai tous terrassés. Cette longue route pour me retrouver ici, face à toi, petit cristal. Dernier objet de convoitise en ce bas monde. Tu ferais passer la pierre philosophale pour un vulgaire diamant de roche. Né des entrailles de la Terre, te voilà entre mes mains. Fils du Monde, gravé par dieu lui-même paraît-il, je contemple la sainte inscription qui décore chacune de tes faces, si fine que rien d’humain n’aurait pu en être l’artisan. A voix haute, je déchiffre, syllabe après syllabe, l’écriture faite de volutes.

« Écrivez avec votre sang la date à laquelle vous voudriez recommencer votre vie »

Je suis las. J’ai connu tant de batailles, moult guerres, flots d’hémoglobine et palanquées de morts injustes. Je n’ai plus d’espoir autre que celui de croire en ton pouvoir, celui que la lumière du soleil à son zénith révèle. Ma force aura été de ne pas avoir peur de la mort, sort bien plus doux que la vie que j’ai pu mener jusque lors. Quitter ce monde naurait été que mettre un terme à de trop longues souffrances.

Maintenant, il me faut choisir. Trouver ce jour où tout bascule et transforme le rêve en cauchemar. C’est idiot quand j’y pense. J’ai toujours souhaité recommencer quelque part, sans pourtant savoir à quelle date. Et ce, tout simplement parce mille questions me taraudent : si je retourne dans le passé, aurai-je les connaissances que j’ai pu acquérir durant cette longue vie ? Connaîtrai-je la portée de mes erreurs, celles que j’ai déjà commises par fougue ou par candeur ? Pousserai-je ces portes qui m’ont amené aujourd’hui à réussir cette aventure ou en enfoncerai-je d’autres qui me mèneront bien plus tôt à ma perte ? Recommencer pour faire les mêmes bêtises ? Quelle utilité ?

Rependre tout de zéro ? Si je ne sais pas, quel intérêt ? Vivre à nouveau les langes, les genoux écorchés, les pleurs et les rires d’enfant, le premier baiser de Viviane, la première nuit dans les bras de Virginie, sourire à l’arrivée de mon fils, tomber au trente-sixième dessous le jour où sa mère me quitte ? Recommencer la douleur de la mort de mes parents ?

Choisir un jour heureux pour le bonheur qu’il m’a apporté. Choisir les instants parfaits, celui lors duquel je lui ai passé la bague au doigt, celui du premier cri d’Étienne. Mon retour de la guerre peut-être ? Simplement pour avoir le droit de profiter d’un bonheur nouveau, encore et encore ?

Vivre deux fois sans le savoir, ça me servirait à quoi ?

Pire encore, je pourrais imaginer que de cette ignorance accoucherait une boucle infinie : vivre à nouveau, réussir, échouer, et au final, retrouver cette pierre et refaire le même choix. Dérouler le fil de ma vie, et à ce point crucial, le remettre en bobine, recommencer. Dérouler, rembobiner, recommencer. Dérouler. Rembobiner. Recommencer. Perdre son temps à passer son temps.

Et si jamais, par chance, utiliser la pierre du temps s’accompagnait de l’immense pouvoir de savoir ce qui m’arrivera en suivant les chemins que j’ai déjà pris ? Si ce caillou magique me donnait ce privilège ? Dois-je refaire certaines erreurs ? Où alors changer de chemin pour vivre autre chose, et me tromper sans doute à nouveau. Reprendre la route qui désormais est pavée, la quitter pour ce chemin de terre et de trous ; voici les deux possibilités qui me seraient offertes. Le jour où je fus tenté par cette diablesse, fuir, tout simplement tourner les talons et ne jamais entrer dans cette chambre avec elle. Cultiver mon bonheur en en choisissant les plans les plus sains ? Ne garder de mon passé que les choix fructueux, me corriger… ou choisir pire par méconnaissance ? Je ne puis dérouler l’arbre des possibles et faire un choix raisonné, alors recommencer… quelle utilité, quel sens ?

J’irai, seconde après seconde de cette nouvelle vie, peaufiner un plan qui m’amènera à quoi ? Au bonheur ? Ce serait un moindre mal après tant d’effort. Au malheur ? Effacer son ardoise pour en noircir une neuve et payer sa vie entière ? Être fidèle, aimant, père modèle, couler jusqu’à la fin des jours parfaits. Éviter les moments difficiles. La tirer par la manche juste avant qu’elle ne tombe. Rester papa jusqu’à mes vieux jours. Repousser la mort, la mienne, celle des miens, de ces très proches qui sont partis avant moi. Te garder un peu plus longtemps près de moi, Maman…

Je pourrais aussi ne rien faire. Choisir l’inaction devant ce qui a été mon Graal. Le reposer, continuer ma route, vieillir, plier, partir. Laisser le suivant tenter sa chance à son tour, et probablement faire un choix différent du mien, absurde épilogue de tant d’efforts.

Pourquoi pas après tout ? Ce ne serait pas vraiment renoncer ! Je me serais battu pour lélégance du combat et non la gloire de la récompense. C’est on ne peut plus noble ! Héroïque presque ! Je serais celui qui a fait pour le plaisir de faire, sans accepter le trophée de cette éreintante route.

Je coulerais des jours plus ou moins heureux, à l’ombre du tilleul, à veiller sur les miens. Souffrir sans doute, rire parfois, mourir à petit feu. N’est-ce pas ce à quoi chaque honnête homme rêve ?

Où alors…

Où alors jouer avec le feu. Biaiser la règle et laisser la sagesse des ancêtres décider à ma place. Voilà la solution ! Poser la pierre, et faire s’appliquer la prophétie à ma manière !
C’est clair maintenant, « écrivez avec votre sang la date à laquelle vous voudriez recommencer votre vie ». Rien ne me force à donner une forme numéraire à cette date ! Je pourrais aussi bien dire que je veux recommencer ma vie à la date à laquelle j’ai été le plus heureux, celle ou j’ai fait le pire choix de mon existence, ou encore le meilleur. Jouer avec les mots comme les Anciens qui ont créé cette pierre jouent avec nos vies. Bref, risquer. Parce que le risque aura été toute ma vie, le moteur de mes choix, le flot dans mes veines.

Je sors doucement mon poignard de ma ceinture. Le cuir crisse sous la caresse du métal et je frissonne, perdu entre peur et enthousiasme. J’ai choisi.

Le manche dans la main droite, l’acier froid posé sur ma paume gauche, je n’hésite pas. D’un coup sec, le fil de la lame tranche la peau et la chair. La douleur se propage dans mon bras mais je sourcille à peine. Je referme le poing, et regarde le sang s’écouler sur le sol. Je range mon arme, et viens de l’index droit m’encrer le bout du doigt au filet rouge qui quitte ma main.
La pierre est face à moi sur le sol, et dans le cercle rituel, j’inscris au carmin mon choix sur la dalle de granit. Symbole après symbole, lentement, je rends ma décision irrévocable.

Le ciel se couvre au dessus de ma tête. Les nuages d’été deviennent de menaçantes boules d’orage. Il faisait jour il y a quelques secondes, et maintenant la nuit et les ténèbres ont gagné les lieux. La tempête souffle fort, les tourbillons de poussière m’entourent. Les éclairs zèbrent le ciel et frappent tout autour de moi. Mon monde prend des airs d’apocalypse. L’air embaume l’acier et l’électricité. J’ai l’impression que mon corps est comprimé dans un étau. Chaque centimètre carré de ma peau est écrasé par l’énergie que dégage la pierre. Ma tête tourne, je… tout est froid… ma tête… pourquoi ai-je fait ça ? Pourquoi ??

Mon esprit est emporté loin. Cest mon épouse qui réapparait la première. Je la revois. Quelle était belle avec ses cheveux bruns qui courraient sur ses épaules. Son sourire, vieux souvenir, est si proche. Jimagine mes lèvres se posant sur les siennes et je goute à sa peau sucrée, son corps dans mes bras. Nous étions si heureux. Cétait il y a longtemps et pourtant cétait hier.
Ils arrivent maintenant, les marmots, les anciens, les amis perdus. Ils me félicitent et m
entourent de leur présence bienveillante. Ils sont tous là, ceux qui me manquent. Ils veillaient sur moi et ils sont sans doute partie prenante de cette formidable réussite. Je suis lhomme que leur amour a fait de moi. Ils mont transmis leur courage et ont guidé mon bras vers la victoire. Cette pierre est un peu la leur. Puis ils séloignent, tous, souriants. Elle est la dernière à disparaitre. Mon soutien le plus fort et le plus présent. Les ténèbres menvahissent à nouveau. Plus rien.

Le soleil réchauffe mon visage. Je ne sais combien de temps jai passé, étendu sur le sol, inconscient. J’entends chanter autour de moi les oiseaux, des rossignols dans doute. Une douce brise caresse mon nez. Allongé dans l’herbe, je me sens étonnement léger. J’entrouvre les yeux, la lumière me brûle la rétine. Qu’il fait bon ici. Je sais où je suis.
Je suis à l
endroit même où ma vie a changé. Loin, au dessus de ma tête, les nuages défilent à toute vitesse, passant du gris au blanc cotonneux. Jimagine en eux des enfants qui dansent ou chahutent. Le vent me souffle presque leurs rires insolents. Doucement, je me relève et contemple le paysage.
Il y a quelques minutes à peine, j
humais, vainqueur, les effluves dégagées par les fleurs et les arbres alentours. Pin, coquelicot, lilas. Et maintenant

Ce sont les mêmes odeurs qui flattent mes narines. Le même soleil, le même zéphyr. Je nai pas vieilli, je nai pas rajeuni non plus. En fait, je nai pas changé, et cela pour une raison si simple et évidente quelle mavait presque échappée. La pierre ma renvoyé à ce jour divin, celui lors duquel jai compris que moi seul pouvait faire de ma vie ce que je voulais quelle devienne : je suis revenu aujourdhui.

Être un homme, cest faire des choix, décider de son avenir. Réfléchir, choisir, agir. Il nest pas de talisman qui puisse changer ça. Seul un homme le peut. Je suis celui-là.

 

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